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partage! cependant, puisque j’ai obtenu votre pardon, généreuse Marie, vous que j’ai si cruellement offensée, j’espere que Dieu aussi daignera me pardonner. *
Marie rentra consternée. L’horreur, le dégoût, la pitié qui l’agitaient, l’empêchèrent de prendre part au dîner. Cette ligure hideuse était constamment devant ses yeux, il lui semblait entendre encore cette voix repoussante ; toujours elle répétait en elle-même j Celte figure épouvantable, jadis c’était Henriette, la belle Henriette.
Celte pensée ne la quitta pas un Instant de toute la journée. Alors elle se rappela son petit pommier en fleurs, dépouillé un jour par la gelée. Tout ce que son père lui avait dit à cette occasion, ainsi que les paroles qu’il lui avait adressées sur son lit de mort, se retraçait à sa mémoire j et dans le fond du cœur elle promit de nouveau saintement à Dieu de mener ûne vie toujours pure et exempte de tout blâme: en même temps elle pria la comtesse d’avoir pitié d'Henriette; cette généreuse dame lui envoya un médecin, des alimens, du linge et tout ce dont elle pouvait avoir besoin. Cependant la malade endura encore des douleurs affreuses; son aspect révoltant, l’odeur de putréfaction qui s'exhalait de son corps, rendaient l’abord de sa couche presque impossible. C’est ainsi qu’elle languit pendant quelque temps et qu'elle mourut enfin à l’âge de vingt-trois ans.

