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ne connaît point dintervalles. Cest un tyran brutal qui voudrait dépeupler lunivers pour régner seul au milieu des victimes quil immole à sa fureur aveugle. Ses ongles crochus et mo­biles , et ses dents meurtrières, sont les ins- trumens de sa tyrannie, quil étend jusque sur sa propre famille : il népargne pas même sa femelle, lorsquelle veut soustraire ses petits à son appétit sanguinaire. Sa férocité est peinte dans ses j^eux hagards et étiucelans ; sa malice, dans sa figure basse. Une face mobile , une gueule ensanglantée , une langue pendante , une voix rugissante, un grincement de dents continuel, tels sont les signes appareils de cette méchanceté noire qui met eu mouvement tous les ressorts organiques de cet animal vo­race : troupeaux domestiques, hôtes sauvages, petits éléphans, jeunes rhinocéros, rien né­chappe à ses poursuites. Il sélance par bouds sur sa proie, plonge sa tète dans lanimal quil éventre, en suce le sang avec avidité, semble regretter celui qui se perd par effusion. Pour jouir en paix de sa conquête, il entraîne au fond des bois avec une rapidité singulière le buffle, le cheval et autres gros animaux, et les