que la plus grande, dans la main de laquelle il eut soin de placer le bâton dont il s’était servi pour briser les autres.
Lorsque le païen fut de retour, il s’écria avec colère : «Quidonc a poussé l’audacejusque-là?»
L’enfant répondit : « Est-ce que vous ne croyez pas que votre grande idole ait pu détruire ses petits frères?
— Non, s’écria l’homme, je ne saurais le croire, car jamais encore elle n’a remué la main.
quées avec de l’argile ; elles n’ont pas la faculté de voir ni d’entendre, et, par conséquent, ne peuvent faire ni bien ni mal à ceux qui les adorent. » Mais le païen fermait l’oreille à la vérité.
Un jour qu’il sortit pour aller à la campagne, l’enfant, prolitant de son absence, prit un bâton et mit en pièces toutes ses idoles : il n’épargna
est toi, méchant garçon, qui t es rendu coupable d’une pareille action; c’est toi qui as brisé mes dieux : et, pour te punir de cette perversité, je vais t’assommer avec ce même bâton. »
Mais l’enfant repartit d’un air serein : « Oh! calmez votre courroux : si vous ne croyez pas à votre idole le pouvoir d’exécuter ce que j’aurais pu faire, moi faible enfant, comment donc voulez-vous qu’elle soit le Dieu tout-puissant qui créa le ciel et la terre? »
Le païen resta muet, et se mit à réfléchir; il brisa iui-même la dernière idole qui lui restait

