61. — Les Epices.
Un prince, étant à la chasse, fut surpris par l’orage, et obligé de se réfugier dans la cabane la plus voisine.
11 y arriva au moment où les enfants étaient à table, rangés autour d’une grosse écuelle de bouillie faite avec du gruau d’avoine. Tous mangeaient de tort bon appétit, et leurs joues étaient rondes et fraîches comme la rose.
« Mais comment se fait-il, demanda le prince à la mère, que l’on puisse manger avec tant d’appétit d’un mets aussi grossier, et qu’avec cela on ait des couleurs si fraîches et une si brillante santé? »
La mère répondit : « Cela vient de trois sortes d’épices dont j’assaisonne cette nourriture. D’abord il faut que mes enfants gagnent leur dîner en travaillant; ensuiteje me garde bien de rien leur donnera manger entre les repas, pour qu’ils aient laim lorsqu’ils se mettent à table;et enfin je les ai accoutumés à se contenter de ce qu’ils ont, en ne leur faisant jamais connaître ce que c’est que les friandises. »
Ce qui fait tout trouver meilleur,
C’est le travail, la faim, la paix du cœur.
— 80 —

