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3. La pieuse Mère et ses Fils.

I

Une dame de haute naissance que des évé­nements funestes avaient réduite à vivre dans lexil et la misère, disait un jour de grande fête à ses deux lils : « Hélas! que je suis malheu­reuse en ce jour solennel de ne pouvoir aller au temple du Seigneur unir mes prières à celles des milliers de fidèles qui sy rassemblent pour ladorer! mais il y a loin dici à la ville; mon âge et mes inlirmités mempêchent de faire le trajet à pied, et nous ne pouvons nous servir de la voiture, attendu que le besoin nous a forcés de vendre les chevaux. »

Aussitôt les deux fils, attachant deux fortes branches darbre au fauteuil de leur mère, en forment une espèce de brancard, sur lequel ils la portent à léglise, malgré ses douces remon­trances.

Tout le peuple, que ce spectacle avait émer­veillé et ému jusquaux larmes, joncha de Heurs et de verdure le chemin depuis les portes de la ville jusquà lentrée du temple ; de toutes parts retentissaient les cris : « Honneur, honneur à la