17. — Le Navet.
Un pauvre jardinier, ayant soigneusement cultivé des navels dans son jardin, en eut un dont IVjcessive grosseur faisait l’étonnement de tout le monde. « Allons le porter au château, dit-il, et fai ons-en hommage à monseigneur : car il aime à voir les champs et les jardins bien cultivés. »
En conséquence il porta le navet au château. Le seigneur lui accorda tous les éloges que méritait sa conduite laborieuse, le remercia de son attention, et lui donna deux louis d’or.
Un paysan du même village, qui était assez riche et très-avare, entendit parler de cela, et se dit : « Je ne ferais pas mal d’aller offrir sur- le-champ à monseigneur le plus beau de mes moutons. Puisqu'il donna deux louis d’or pour un navet, il me donnera bien davantage pour un beau mouton! » Ainsi dit, ainsi fait.
Il attacha une corde au cou de son mouton, le mena au seigneur, et le pria de vouloir bien l’accepter. Celui-ci pénétra aussitôt le motif de
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