27. — Le Lin.
Une dame riche qui culiivait du lin dans sa campagne désirait améliorer cetie production. Un homme qui en faisait commerce se présenta devant elle et lui dit : « Donnez-moi un sac de votre graine de lin, dont la qualité n’est pas bonne, je vous apporterai en échange du lia étranger dont l’espèce est de beaucoup supérieure; mais il faut que vous me donniez un ducat en sus. » La dame y consentit volontiers.
Le marchand, qui était un fripon achevé, pensa en lui-même : « Je vais attraper cette bonne femme d’une belle manière, car je lui rapporterai la même graine qu’elle me donne ; ainsi j’aurai le ducat pour rien. St ensuite elle se plaignait de ce que son lin a mal réussi, j’en rejetterais la faute sur le mauvais temps ou sur la mauvaise qualité du terrain. »
Il apporta le lin à la dame. Celle-ci le reçut avec joie, et lit aussitôt vider le sac. Mais voilà que tout à coup on vit biiller quelque chose au milieu des graines : c’était une belle bague d’or ; et la dame de s’écrier avec surprise : « Eh ! mais c’est ma bague, celle que j ? avais perdue en automne dernier. Il faut que je l’aie laissée glisser de mon doigt pendant que j’étais occupée à manipuler mes graines. »
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