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43. — Le Cheval volé.
Le plus beau cheval d’un cultivateur lui fut volé une nuit dans son écurie. 11 se rendit à un marché aux chevaux qui se tenait à soixante kilomètres de là, dans l’intention d’en acheter un autre.
Mais voilà que parmi les chevaux exposés en vente il reconnaît le sien. Aussitôt il le saisit par la bride en criant à haute voix : « Ce cheval m’appartient; on me l’a volé il y a trois jours.
— Vous vous trompez, mon ami, disait fort poliment celui qui voulait vendre la bête, il y a plus d’un an que je suis possesseur de ce cheval. Il est possible qu’il ait de la ressemblance avec le vôtre, mais bien certainement il est à moi. » Alors le paysan posa bien vite les deux mains sur les yeux du cheval et cria : a Eh bien! puisqu’il y a si longtemps que vou3 êtes possesseur de ce cheval, vous devez sans doute bien le connaître. Dites-moi de quel œil il est borgne. » L’étranger, qui avait effectivement volé ce cheval, et qui ne l’avait pas encore bien examiné, se troubla; cependant, comme il fallait dire quelque chose, il répondit au hasard : « C’est de l’œil gauche.
— Vous n’y êtes pas, dit le paysan, l’animal n’est pas borgne de l’œil gauche.

