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dacheter; quelques moments après, voulant prendre une prise, il chercha dans ses poches, et fut fort étonné de ne plus trouver sa boîte.

«Messieurs, dit-il, veuillez avoir la complai­sance de voir si quelquun de vous ne laurait pas mise, par distraction, dans sa poche. »

Tous se levèrent aussitôt et retournèrent leurs poches, sans que la tabatière reparût. Un jeune sous- lieutenant dont lembarras était visible resta seul assis, et se refusa à cette épreuve. «J'affirme sur ma parole dhonneur,dit-il, que je nai point La tabatière, oela doit suffire.» Les officiers se séparèrent en branlant la tête, et chacun le prit pour le voleur.

Le lendemain matin, le colonel le fit appeler et lui dit : «Monsieur le sous-lieutenant, je mempresse de vous donner la bonne nouvelle que ma tabatière sest retrouvée; elle sétait glissée par un trou dans la doublure de mon uniforme. Mais actuellement veuillez me faire lamitié de me dire pour quel motif vous avez refusé de retourner vos poches, tandis que les autres officiers lont fait sans la moindre hési­tation.

Monsieur le colonel,répondit le jeune offi­cier, cest une chose que je navouerai quà vous seul. Mes parents étant très-pauvres, je ne mange jamais rien de chaudàdînerafindepouvoirleur v donner la moitié de ma solde. Lorsque vous me tilles, hier, lhonneur de minviter à votre table,