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— Et c’est cela qui te fait pleurer? s’écria Aloys avec étonnement. Ah! que tu es encore enfant pour ton âge!
— Non, écoute-moi, reprit Wendelin. a Quand j’ai vu ce crapaud, quand j’ai considéré la forme si laide,si répugnante, de cet être détesté et pour suivide tout le monde, qui rampe péniblement sur le sol, sans avoir la moindre idée du Dieu son créateur, et qui végète en se traînant dans les ténèbres et dans la fange jusqu’au moment où il termine sa misérable existence , j’ai fait ces réflexions :
a Et toi, me suis-je dit à moi-même, toi, tu as la taille droite et élevée de l’homme, et les beaux traits de la face humaine : tu peux marcher et porter librement tes pas de tous côtés, considérer le ciel et la terre, te réjouir au riant aspect de l'herbe et des fleurs; tu connais ton divin Créateur, et tu as le sentiment de ton âme immortelle... Cependant, me suis-je ditencore, au sein de tous ces immenses avantages dont l’Éternel a favorisé l’espèce humaine, et qui la mettent dans l’échelle des êtres à une si énorme distance de ce vilain crapaud, avons- nous jamais songé bien sérieusement à en rendre grâces à Dieu du plus profond de notre cœur? Eh bien, cette réflexion sur l’ingratitude de la créature humaine envers son Créateur céleste m’a tellement frappé, tellement ému, que ej n’ai pu retenir mes larmes. »

