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qua. Ceux d’entre ses amis sur lesquels il avait compté le plus le virent partir sans daigner faire ' un pas, ni lui donner aucune marque réelle d’attachement. D’autres qui lui avaient fait mille protestationsd’amilié et de dévouement pendant qu’il pouvait leur être utile, se contentèrent de l’accompagner jusqu’au vaisseau. Mais quelques- uns auxquels il avait à peine fait attention, et dont il n’eût pas espéré tant de dévouement, l’accompagnèrent pendant tout le long trajet et jusqu’au pied du trône; ils se présentèrent avec lui devant le roi, prirent sa défense et le firent rentrer en grâce auprès du souverain.
« Il en est ainsi de l’homme,continua le père; l’homme a sur la terre trois sortes d’amis qu’il n’apprend ordinairement à bien connaître qu’au moment où, rappelé de ce monde, il est obligé de paraître devant Dieu pour rendre compte de sa vie.
« Les premiers, ce sont ses biens, ses emplois, ses honneurs, qui l’abandonnent à sa mort pour passer entre les mains des autres.
« Les seeonds, ce sont ses parents et les personnes de sa connaissance, qui l’accompagnent jusqu’au tombeau.
« Les troisièmes, ce sont ses bonnes œuvres. Celles-ci le suivent dans le long voyage del’éter- nité, se présentent avec lui devant le trône du Très-Haut, plaident en sa faveur, et lui obtiennent grâce et miséricorde.

