PREMIÈRE RACE, VI® SIECLE. 31

cotirago au combat, peu leur importait ses vices et ses crimes. Leur ignorance égalait leur barbarie, ou plutôt ils étaient barbares parce quils étaient ignorants. Linstruction était tellement négligée quune loi particulière dé­fendait de recevoir prêtre un homme qui ne saurait lire. Je vous ai raconté la conversion des Francs au christianisme, mais ils ne con­naissaient de la religion chrétienne que les pratiques extérieures ; ils allaient à la messe,

s agenouillaient au pied de la croix , répé­taient force prières, révéraient les images des saints, mais ils ne savaient pas que le Dieu des chrétiens est un Dieu de justice, de paix et damour ; ils no savaient pas que, pour vivréen chrétien, il faut aimer son prochain, tendre une main secourable au pauvre, à l'infirme, respecter les biens d^autrui, et plu­tôt mourir que trahir lhonneur , la probité. Il fallait du temps avant que lesprit de Jé­sus-Christ pût corriger leur barbarie. Ils avaient dailleurs encore conservé plusieurs do leurs anciennes erreurs. Je vais vous citer un trait qui vous donnera une idée de leur barbare ignorance. Vous savez ce quon appelle éclipse de lune; ce phénomène a lieu