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dans ses siliques des graines brunes. C’est la moutarde blanche {Sinapis alba) qui a des graines jaunes-claires. Il y a encore la moutarde des champs (Sinapis arvensis) qui croit fréquemment dans les champs.
Fig. 13. La ravenelle ou le radis raphanistre (Ra- phanus Raphanislrum) est une herbe commune dans les moissons, qui paraît tantôt en fleurs blanches, tantôt en fleurs jaunes, et se distingue facilement de la moutarde des champs, qui a l'air semblable, par les veines foncées, qui marquent les pétales. Elle s’élève à la hauteur de 1 à 1 '4 pied et produit des siliques articulées (voyez b.), dont chaque articulation, séparée par un étranglement de l'autre, est uniloculaire et se déjoint à la maturité.
JPIanclie XXXV.
Plantes de la seizième classe (Monadelphia).
Fig. 1. La grenadille à fleurs bleues (Passiflora cae- rulea) est une magnifique plante grimpante, originaire de l’Amérique méridionale et cultivée fréquemment pour sa beauté dans nos serres et les pots-de-fleurs garnissant les fenêtres. Ce qui est particulièrement remarquable dans sa fleur, c’est une sorte de nectaire, une couronne frangée, qui se compose de nombreux filaments bleus entourant les organes de la fructification. C’est du milieu de celte couronne, que s’élèvent les 5 étamines, dont les filamens connés en bas forment une petite colonne creuse, qui fait sortir le style à 3 pistils, semblables à des clous, des quels on fait allussion à la passion ou la crucificalion de Jésus-Christ, d’où le nom latin Passiflora.
Fig. 2. Le géranium des prés (Géranium pralense) est une bien jolie plante, qui se trouve dans les prés de nos forêts et charme l’oeil par ses fleurs violettes renfermant 10 étamines un peu connées à la base. La formation du fruit est ce qu’il y a de plus remarquable dans celte plante comme dans d’autres espèces de ce genre: c’est dans le calice persistant (voyez b.) que s’élève du milieu de l’ovaire quinquelobé une colonne, à laquelle se trouvaient connés d’abord les 5 styles des cinq lobes de l’ovaire dans toute leur longueur, et se sont détachés d’en bas en haut lors de la maturité, en se roulant et relevant les 5 carpelles, dont chacune contient une graine — on dirait voir un lustre (voyez b.).
Fig. 3. Le népenlhe dislillatoire (Nepenlhes destillalo- ria) est une des plus grandes merveilles de la nature et croît aux Indes orientales. Ses feuilles sont terminées à leur pointe par une urne, portée sur une vrille et recouverte d’un opercule et remplie d’une eau douce cl limpide, qui n’y parvient pas par la pluie mais par le suc de la plante-même.
Fig. 4. La guimauve officinale (Allhaea officinalis) appartient aux Malvacées, qui ont des étamines, dont les filets sont réunis en tube, et une corolle à 5 pétales avec un calice à 5 divisions; le calice de la guimauve est encore entouré d’un second calice à divisions indéfinies (6 — 9). Celle plante atteint à la hauteur de 3 à 4 pieds, est revêtue d’un feutre poilu, grisâtre, velouté, et porte des fleurs blanches ou d’une couleur do chair pâle. Elle croît aux endroits humides, surtout dans les buissons, mais on la cultive aussi dans les jardins pour sa racine médicinale.
La guimauve alcée ou rose trémière (Althaea ou Alcea rosea) appartient au même genre que la guimauve officinale. C'est depuis le milieu de l’été jusqu’en automne, qu’elle orne nos jardins, où elle est cultivée comme plante d’agrément, de ses fleurs simples ou doubles à couleurs variées et portées sur les tiges exactement droites de la hauteur d’un homme. On la nomme aussi passe-rose.
Fig. 5. La mauve alcée (Malva alcea) se rencontre dans nos pays sur les collines, le long des champs et des échaliers, mais on la cultive aussi comme ornement dans les jardins. Elle pousse des liges hautes de 2 à 3 pieds, munies de rameaux écartés, garnis de fleurs roses ou couleur-de-chair.
Fig. 6. La mauve à feuilles rondes ou petite Mauve {Malva rolundifolia) est très commune le long des chemins, des échaliers et sur les décombres, pousse une lige couchée, garnie de feuilles arrondies, dentées à 5 ou 7 lobes, et de fleurs blanchâtres veinées de rouge, disposées 3 à 5 ensemble aux aisselles des feuilles. Le fruit, semblable à un fromageon, est entouré du calice et se compose de carpelles nombreux comprimés, à une graine, disposés circulairement, dont les enfants mangent les graines, qui en outre sont employées en médécine pour leurs qualités mucilagineuses. Toutes les espèces de Mauves ont à la base du calice 3 petites bracléoles, qu’on peut regarder comme un second calice extérieur.
Fig. 7. Le cotonnier à trois pointes (Gossypium tricus- pidatum) croît naturellement dans les Indes orientales, atteint à la hauteur de 3 à 4 pieds, porte des feuilles trilobées et des fleurs blanches ou jaunes-sou(Tre très pâles, suivies de capsules,
qui s’ouvrent par 3 à 5 valves, renfermant beaucoup de graines, revêtues à l’entour de poils velus (voyez b.). Ces graines avec leurs poils velus entrent comme coton dans le commerce. Il y a encore d’autres espèces du même genre cultivées dans les tropiques, qui nous fournissent le colon.
Fig. 8. Le fromager de Malabare ou à sept feuilles (Rombax malabaricum) est un grand et gros arbre épineux, qui croît dans les Indes orientales, portant des feuilles digitiformes et de grandes fleurs rouges-pâles en dehors, rouges-écarlalles en dedans. Ses fruits sont des capsules renfermant de nombreuses graines noirâtres, enveloppées d’une laine blanche, fine, lanugineuse. Celle laine, trop courte et trop lisse pour être filée, se qualifie par son élasticité parfaitement bien pour en faire des coussins, des malelats et d’autres meubles. L’écorce et les feuilles de cet arbre sont employées en médécine.
Eig. 9. Le baobab digilé (Adansonia digilala — a. la fleur en grandeur naturelle; b. une feuille diminuée) croît naturellement dans l’Afrique tropique, est un des plus grands arbres moins par sa hauteur que par sa grosseur monstrueuse, le tronc de cet arbre ayant souvent 20 à 25 pieds de diamètre, tandis que sa cime en a 140. Aussi ces arbres parviennent à un âge de mille ans. Les fleurs et les feuilles sont employées en médécine; les fruits, connus sous le nom de pain de singe, sont des capsules ligneuses à 10 loges, qui renferment des graines entourées d’une pulpe aigrelette, agréable.
Fig. 10. Le chérostémone à feuilles de platane (Chei- rostemon platanoïdes) croit en Mexique et produit des feuilles à 5 en 7 lobes, semblables à celles de pialane, et des fleurs, auxquelles les glamines connées, qui en sortent comme des mains, donnent un4tir très singulier; un style simple s'élève encore du tube des filaments. Les habitants se servent de ces fleurs comme remède contre l’épilepsie.
Planche XXXVI.
Plantes de la dix-seplième classe (Diadelphia).
A. Ordre à 6 étamines (Hexandria). v
Fig. 1. La fumelerre bulbeuse (Fumaria ou Corydalis bulbosa), qui se plaît dans les bois et les buissons humides, a la racine tubéreuse (bulbeuse) et creuse (voyez b. la racine coupée horizontalement et c. la bulbe entière avec le commencement de la tige), produit des feuilles bilernées et des fleurs purpurines (rarement blanches), disposées en epi terminal; ces fleurs sont odorantes et munies d'un épéron (voyez d, où l'on remarque en même temps entre les filaments connés en deux faisceaux, dont chacune a 3 anthères, le style a stigmate presque triangulaire); le fruit est une capsule siliqueuse, qui s’ouvre par deux valves (voyez e.).
Fig. 2. La fume-terre officinale (Fumaria officinalis) croît abondamment dans les moissons, où on la trouve en Mai et Juin. Celte plante s’élève ordinairement à la hauteur d'un empan et porte des feuilles décomposées vcrles-bleuâlrcs, qui de loin donnent à cette herbe l'air d’une légère fumée sortant de la terre. Ses fleurs d'une couleur de chair, tachetées d'un rouge foncé, sont réunies en une grappe (voyez b., où une petite branche en fleurs est représentée, grandeur naturelle). Le fruit (voyez c. un peu grossi) est une petite noix, qui paraît enflée et ne renferme qu’une graine. Celle petite herbe d'une forte amertume et d'un goût de sel à-la-fois est un excellent médicament.
B. Ordre à 8 étamines (Diadelphia Octandria).
Fig. 3. Le polygala commun ou l’herbe à lait (Poly- gala vulgaris) fleurit au temps de l’ascension dans les bois et leurs prés, herbe très jolie par ses gracieuses fleurs bleues ou purpurines, rarement blanches. Un petit calice à 3 sépales entoure à la base la corolle, composée de deux pétales extérieurs en aile (on peut aussi prendre ceux-ci pour deux sépales intérieurs du calice) et de trois intérieurs fermés, dont celui, qui renferme les organes de la fructification, est orné en haut d'une crête frangée.
Fig. 4. Le polygala amer (Polygala amara). Celte espèce, plus petite que la précédente, n’est ordinairement haute que d'un doigt et porte aussi des fleurs plus petites, bleues ou blanches. Elle a le goût très amer, sert de médicament et fleurit en Mai et Juin dans les bois montagneux.
Fig. 5. Le Polygala faux-buis (Polygala chamaebuxus) est un petit arbuste toujours vert, qui n'est haut que d'un doigt ou d'un empan et garni de fleurs, dont les ailes sont blanches, les pétales intérieurs jaunes, oranges à leur sommet. 11 se trouve en fleurs depuis le mois d’Avril jusqu’en Mai sur les coteaux couverts de bois.

