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C. Ordre à 10 étamines (Diadelphia decandnia).
Celle ordre renferme les pa pilio nacées ou nos légumineuses formant une famille naturelle très distincte. Les fleurs ont un calice brièvement tubuleux, ordinairement à cinq dents ou à deux lèvres (très rarement à 2 sépales), entourant la corolle papilionacée, composée de 4 pétales inégaux (réunis quelquefois à la base), c’est-à-dire d’un pétale supérieur, ordinairement large, nommé étendard, d'un pétale inférieur creux, qui renferme les organes de la fructification, nommé carène, enfin des deux pétales latéraux, qui se ressemblent et s’appellent ailes. Les 10 étamines sont réunies par les filets de manière à former un tube, où le pistil se trouve caché comme dans un fourreau, de sorte qu’il n'y a que le sommet du st>le avec le stigmate, qui s’en élève. Parfois ce sont toutes les dix étamines, dont les filets sont connés dans ce tube, mais ordinairement il n’y en a que neuf, qui sont réunies la dixième restant libre et ne remplissant que la fente du tube sans être connée. En premier cas, nous présentant toutes les 10 étamines connées ensemble, (comme dans les figures 6. d., 7. b., 10. b. de la planche présente) ces plantes appartiendraient plutôt dans la seizième classe, qui s'appelle Mo- nadelphia — mais vu que la plupart des papilionacées ont la dixième étamine libre, Linné les a placées dans la dix-septième classe (Diadelphia). Le fruit des papilionacées est une légume ou gousse, dans la plupart à plusieurs graines.
Fig. 6. Le genêt à balais (Sparlium scoparium — a. une branche en fleurs; une petite branche avec des feuilles; c. une légume mûre; d. le tube des filaments avec les dix anthères, fendu et étalé) se plaît sur les collines ou bruyères stériles et sablonneuses, porte des rameaux anguleux, dépourvus d’épines et garnis de feuilles tantôt ternées tantôt solitaires. C'«t an mois de Mai qu’il se couvre de ses grandes fleurs jaunes-souffre et forme une véritable parure des contrées, où il croit en abondance; ses rejetons servent à faire des balais et son bois dur, moiré de blanc et de brun, est employé pour des ouvrages de tourneur ou pour brûler.
Fig. 7. Le genêt d’Allemagne (Genista germanica), petit arbuste de la hauteur d'un pied tout au plus, garni de feuilles lancéolées, fortement ciliées et velues par de longs poils, et d’épines ramifiées armant les vieux rameaux, se trouve fréquemment dans nos bois et fleurit en Mai et Juin. Ses petites fleurs jaunes sont disposées en grappes. Dans les espèces de genêt toutes les filaments des dix étamines sont réunies en un tube (voyez b., où ce tube avec les dix anthères est représenté grossi, et où l’on remarque en outre le style dépassant, surmonté du stigmate).
Fig. 8. Le genêt des teinturiers (Genista tincloria) croit aussi dans nos bois, en arbuste dépourvu d’épines, haut de 1 à 1 ’/î pieds. Il produit des fleurs très-jaunes, dont les ailes sont redressées (voyez b., où la carène est relevée et renferme les étamines, et c. où elle est repliée de sorte qu'on aperçoit les étamines). Celte plante sert pour teindre en jaune.
Fig 9. Le genêt à lige ailée (Genista sagiltalis) se platt sur les collines des bois exposées au soleil, ne s'élève ordinairement qu’à la hauteur d’un empan. Étant très rameux à la base, il forme des touffes larges et orne en Mai les endroits, où il croit, de ses fleurs jaunes. Il est très distingué par ses rameaux droits fhunis des deux côtés d’une aile membraneuse et de petites feuilles ovales, velues en dessus comme en dessous, et garni au sommet de fleurs jaunes en grappes serrées. Les gousses sont velues. Au temps de la floraison les abeilles font leur récolte de miel sur cette espèce de genêt de même que sur le genêt d’Allemagne.
Fig. 10 Le jomarin ou l’ajonc marin (Ulex europaeus) se plaît dans les contrées stériles et sablonneuses, notamment dans les bruyères septentrionales, surtout en France. C’est un arbrisseau de la hauteur de 2 à 4 pieds, armé de nombreuses épines longues, auxquelles se trouvent les fleurs et les petites feuilles qui naissent en dessous des fleurs. Un calice à 2 sépales distingue ce genre.
Planche XXXVII.
Continuation des plantes papilionacées ou de l’ordre C. de la dix-septième classe (Diadelphia Decandria).
Fig. 1. Le cytise faux-ébènier (Cylisus Laburnum) est un des plus beaux arbrisseaux d’ornement de nos jardins, qu’on peut très facilement cultiver en arbre, et c’est au mois de Mai ou vers le commencement de l’été qu'il se pare de ses fleurs jaunes papilionacées en grappes longues et pendantes comme plus tard de ses fruits en fève. Ses feuilles sont ternées, semblables à celles du trèfle, mais plus grandes.
Fig. 2. Le robinier faux-acacia (Robinia Pseudacacia). Ce bel arbre, muni de longues épines et de feuilles pinnées porte au commencement de l’été des grappes pendantes en fleurs blanches. Il nous est parvenu de l'Amérique septentrionale et est à
présent généralement estimé et fréquemment cultivé aux roules et dans les jardins publies.
Fig. 3. Le baguenaudier (Colutea), qu’on rencontre chez nous partout dans les jardins d'agrément, s'élève à la hauteur de 6 à 8 pieds, porte des feuilles pinnées, de belles fleurs jaunes et se distingue le plus par ses légumes (voyez b.), qui sont renflées, vésiculeuses et closes, crevant avec bruit par la pression dans la main. Les feuilles et les graines de cet arbre sont purgatives comme celles de séné. Ce sont deux espèces de ce genre, qu’on trouve dans nos jardins, le baguenaudier oriental (Co- lulea orienlalis), qui est représenté dans notre figure, et le baguenaudier commun (C. arborescens), qui croit spontané dans le sud de l’Europe.
Fig. 4. La bugrane épineuse (Ononis spinosa) est un arbuste épineux de la hauteur de 1 à 1 */, pieds, qui se trouve abondamment dans les endroits secs, le long des chemins et dans les champs. Elle est garnie de feuilles tantôt ternées, tantôt simples, exhalant une très mauvaise odeur, et ce n'est qu'au milieu de l'été que ses fleurs purpurines à étendard strié paraissent aux rameaux épineux. Les filaments des étamines sont tous les dix connés comme dans les genêts (voyez b. le tube des étamines, fendu et étalé). Le bétail aime s'en nourrir aussi longtemps que les jets sont jeunes et les épines tendres.
Fig. 5. La vulnéraire (Anthyllis vulneraria) se trouve en fleurs depuis Mai jusqu'en Août sur les collines sèches et les pelouses. Elle s’élève à la hauteur d’un empan à un pied et porte des feuilles ailées à foliole terminal beaucoup plus grande que les autres ; les fleurs jaunes (rarement rouges), dont les calices sont renflés et closes, se présentent disposées en deux têtes plalles garnies d'une collerette de bractées digitées. Celle plante est une excellente nourriture pour le bétail et on lui attribue des propriétés vulnéraires.
Fig. 6. Le lupin jaune (Lupinus luteus) est cultivé pour l'ornement des jardins. Il y a aussi des Lupins à fleurs blanches, bleues et roses. Ces différentes espèces sont originaires du midi de l’Europe et des Indes orientales et se ressemblent par leurs feuilles digiliformes.
Fig. 7. Le haricot à bouquet ou d’Espagne (Phaseolus mulliflorus) est une plante indigène dans l’Amérique méridionale, mais cultivée pour ses fleurs d'un écarlal vif comme ornement dans les jardins; cependant emploie-l-on aussi comme légume ses gousses tendres, très bonnes à manger. Quelques botanistes ne la croyaient qu’une variété du haricot commun, dont il se distingue par des graines (voyez b.) bien plus grandes et singulièrement tachetées.
Fig. 8. La fève de marais (Vicia faba) est originaire des pays voisins de la mer Caspienne et cultivée aujourd’hui partout en variétés nombreuses comme excellente plante fourragère, mais aussi pour la nourriture de l'homme; elle pousse des liges hautes de 2 à 4 pieds , garnies de fleurs blanches ou blanches-bleuàlres avec une tache noire et veloutée à chaque aile.
Fig. 9. La vesce des haies (Vicia sepium), haute de 1 à 2 pieds, fleurit depuis le mois de Mai jusqu'en Juillet le long des haies et des échaliers ou bien dans les prés, produit des fleurs rouges-bleuâlres ou violettes, disposées 4 à 6 ensemble dans les aisselles des feuilles. C'est une bonne plante fourragère.
Fig. 10. La lentille commune (Ervum lens) est cultivée partout chez nous pour ses graines circulaires, plalles, fournissant une nourriture saine. Ses feuilles sont pinnées à 5 ou 7 paires et les petites fleurs se trouvent disposées en grappes courtes à peu de fleurs, dont neuf étamines ont les filaments connés, la dixième étant libre (voyez b., ou les organes de la fructification sont représentés, un peu grossis) comme dans les haricots, les vesces, les fèves et dans toutes les plantes suivantes de cette planche et de la suivante. Les petites gousses sont presque rhomboïdales et ne contiennent ordinairement que 2 graines.
Fig. 11. Le pois cultivé (Pisum sativum) croit naturellement dans le midi de l'Europe, mais on le cultive généralement chez nous pour ses graines saines et bonnes à manger dans l’état mûr tout aussi bien que dans l'étal tendre. Il a des feuilles pinnées à 2 ou 3 paires avec des stipules très grandes. Ses fleurs sont distinguées par un grand étendard replié.
Planche WWIII.
Continuation des plantes papilionacées.
Fig. 1. La reglisse officinale (Glycyrrhiza glabra) se trouve dans le midi de l'Europe depuis l'Espagne jusque dans la Tauride, atteint à la hauteur de 3 à 5 pieds et porte de longues feuilles ailées à 5 ou 7 paires, des fleurs disposées en épis longs sur des pédoncules axillaires. Le bois intérieur jaune de la racine a le goût doux et sert à la préparation du jus-de-régliss^ connu partout.

