34

Planche Ll.

Plantes de la 24 me classe du système de Linné, de celle des plantes dépourvues de fleurs (Cryptogamie). Elle se divise en deux grands embranchements, dans les cryptogames pourvues de feuilles et dont la planche 51 représente des exemples, et dans les plantes thalloïdales, dont les principales familles se trou­vent représentées sur la planche 52. Tandis que dans les végé­taux des 23 classes, dont il a été question antérieurement et qui tous offrent des fleurs visibles (phanérogames), la reproduction se fait au moyen de graines, dans les quelles la jeune plante se trouve renfermée sous la forme de lembryon, atteignant son par­fait développement sur la plante-mère, cette reproduction dans les plantes dépourvues de fleurs sopère par des cellules ou par des groupes de cellules (spores ou sporidies), qui donnent naissance à de nouveaux individus soit immédiatement, soit par suite de la formation dun pro-embryon.

Les cryptogames foliifères se rapprochent des phanérogames décrites jusquici en ce que nous y rencontrons des organes foli­aires plus ou moins parfaits; nous y distinguons en outre un accroissement vers le haut et vers le bas, en un mot, ces plantes présentent un système radiculaire. Néanmoins nous reconnaissons sans peine dans celte sousdivision deux degrés de développement; les premières familles en effet, jusqu'aux fougères foliifères, of­frent encore dans leur intérieur des faisceaux vasculaires propre­ment dits, c'est à dire un système ligneux; les mousses et les Hépatiques au contraire, de même que toutes les familles repré­sentées à la planche 52, sont de structure essentiellement cellulaire sans aucune trace de faisceaux vasculaires.

Fig. 1. La Pr èle des champs (Equiselum arvense, la queue de cheval), de la famille des Equisétacées, est une mau­vaise herbe très-redoutée, et difficile à extirper dans les champs sablonneux; elle s'emploie communément pour recurer la vaiselle détain. Une seconde espèce, l'E. hyemale, se trouve dans les bois ; elle offre de3 liges très-rudes, incrustées de silice et que les menuisiers et les tourneurs emploient fréquemment pour polir le bois.

Notre figure en présente une tige stérile, articulée et garnie de feuilles verticillées à côté d'une pousse fertile, dépourvue de ramifications, munie à ses articulations de gaines foliaires bru­nes et portant à son sommet une inflorescense en cône, composé d'écailles en forme de boucliers, à la face inférieure des quelles se trouvent les spores globuleuses renfermées dans des poches membraneuses. Ces spores, lors de la germination, donnent naissance à un coussinet à cellules larges, le pro-embryon, qui meurt après avoir produit la jeune plante. Il existe un dévelop­pement absolument semblable dans les fougères et probablement aussi dans les familles voisines.

La famille des Equisétacées paraît avoir existé dans les temps antédiluviens en plus grand nombre , y avoir offert des proportions plus considérables et produit des troncs semblables à des arbres; les Calamites de nos collections de plantes pétrifiées paraissent en effet devoir être rapportés à des espèces de prêles.

Fig. 2. Le Pied de loup (Lycopodium clavatum), de la famille des Lycopodiacées, est une plante semblable à la mousse, qui se rencontre dans les forêts des montagnes sur le sol couvert de mousses et de bruyères; ses épis pédicellés renferment des spores pulvérulentes, appelées communément souffre végétal et connues dans les pharmacies tous le nom de Semen Lycopodii. D'autres espèces encore de ce genre se rencontrent dans les fo­rêts de nos montagnes; nous en citerons les L. alpinum et hel- veticum; mais ce sont les pays tropicaux, qui offrent les espèces les plus nombreuses et les plus belles de ce genre; quelques unes d'entre elles sont cultivées dans nos serres.

Ces plantes aussi paraissent avoir existé à des époques anté­rieures en nombre plus considérable et avec des fo rmes gigantes­ques. Les Lepidodendron, en effet, trouvés dans les houillières des Iles de la Sonde, ne sont évidemment que des troncs pé­trifiées de Lycopodiacées arborescentes.

Nous offrons deux figures de la famille des H y drop rides ou fougères aquatiques. Ces plantes ressemblent déjà d'avantage aux véritables fougères; leurs jeunes feuilles sont en particulier roulées en crosse de la même manière, bien que leurs formes soient plus simples; ce sont do véritables plantes aquatiques; les spores ny naissent point sur le dos des feuilles , mais dans les aisselles de ces dernières et sont renfermées dans des capsules oblongues ou globuleuses. Aueun des quatre genres indigènes ne renferme des espèces, qui offrent quelque imp ortance soit pour léconomie domestique soit pour la médecine.

La fig. 3. représente la Pilulaire (Pilularia globulifera), qui se rencontre plus particulièrement au Nord de l'Allemagne dans les prairies inondées ou dans les pâturages humides. Elle est du reste peu répandue.

Fig. 4. La Salvinie flottan le (Salvinia natans) se trouve quelquefois nageant sur nos étangs.

Les deux autres genres de cette famille, la petite Joubarbe (Isoetes lacuslris) et la Marsilie à quatre feuilles (Marsilea quadrifolia) sont de nos plantes marécageuses moins répandues.

Les Fougères forment une famille grande et belle, qui se trouve répandue sur toute la terre, mais qui n'offre la plus grande variété dans les formes grâcieuses des espèces arborescentes, sem­blables aux palmiers, que dans les forêts humides des tropiques. Ces plantes sont du reste dune utilité fort restreinte pour l'homme; un petit nombre d'entre elles sont employée en médecine; les troncs de quelques espèces exotiques renferment dans leur mo­elle de la fécule, ce qui permet de les employer à la préparation du sagou. Quant à la structure des fougères en général, ces végétaux offrent une souche descendant obliquement dans le sol ou sélevant perpendiculairement et en forme darbre, contenant des faisceaux vasculaires épars et garnie extérieurement par les restes des frondes desséchées. C'est à son sommet quon voit les frondes, qui sont encore vivantes, former une touffe en forme de rosette et les plus jeunes dentre elles sont enroulées en crosse et vers le dedans. Les frondes sont de véritables branches, of­frant les apparences de feuilles; quant à leur composition, elles sont tantôt simples, tantôt élégamment divisées et découpées dune manière très-variée : les sporanges naissent sur leur dos sous forme de points, de bords, ou bien ils sont disposés en lignes le long du bord des frondes. Les véritables feuilles des fougères se présentent sous la forme de petites membranes écailleuses recou­vrant la souche et la fronde, surtout pendant la jeunesse de ces parties, se desséchant ensuite et tombant ordinairement; on leur donne le nom de paillettes, et elles ressemblent beaucoup aux feuilles des lycopôdes. Les fougères aussi ont existé en grand nombre et de formes très-variées aux époques primitives du globe terrestre, comme nous le font voir les nombreux restes, que nous en rencontrons dans les couches de la houille.

Un groupe particulier des fougères est formé par les Ophio- glossées, dont les espèces les plus connues, la langue de serpent (Ophioglossum vulgatum) se trouvent à la fig. 5., la Lunaire (Bolrychium Lunaria) à la fig. 6.; ces deux plantes étaient autrefois employées en pharmacie, mais elles sont depuis longtemps tombées en désuétude; on les rencontre quelquefois dans les prairies et les pâturages humides. Dans ces fougères les sporonges sont rapprochés au point que l'expansion foliacée de la fronde disparaît presque entièrement, ce qui donne aux frondes fertiles une forme entièrement différente de celle, quoffrent les frondes stériles.

Dans le groupe desOsmondes, dont lespèce appelée Fou­gère royale (Osmunda regalis) et qui se rencontre quelquefois dans nos forêts humides, est réprésentée à la fig. 7, les parties fructifères de la fronde se métamorphosent tellement, que sa par­tie supérieure qui porté les sporanges présente une espèce de grappe, tandis que la partie inférieure de cet organe continue à offrir la forme dune feuille.

Les fougères à anneau forment le groupe le plus nom­breux de celte famille. Leurs sporanges, de couleur brune, sont constamment portés à la face inférieure des frondes, tantôt au bord, tantôt sur la lame elle-même, ils se présentent en groupes arrondis, oblongs, en croissant etc. Ils sont ordinairement re­couverts d'une membrane mince, l'indusium, qui, plus tard, se rompt sur le bord et se déssèche. Les parties de la fronde, qui sont étalées et offrent l'aspect de feuilles, sont fréquemment dé­coupées dune manière très-diverse et très-élégante. Parmi les espèces les plus curieuses il faut compter les suivantes:

Fig. 8. Le Polypode commun (Polypodium vulgare), à sporonges grands, jaune dor, dépourvus d'indusium, se rencontre fréquemment dans les fentes des rochers et sur les arbres cou­verts de mousses. La souche, dun goût douceâtre, semployait autrefois en pharmacie sous le nom de fougère douce.

Fig. 9. La fougère mâle ou anlhelminlique (Aspidium filix mas), une des espèces les plus répandues surtout dans les forêts montagneuses, offre les sporanges épars, recouverts dun indusium. La souche contient une huile résineuse d'une odeur forte, qui semploie en médecine contre le ver solitaire.

La fig. 10. représente la Capillaire de Montpellier (Adiantum Capillus Veneris), croissant dans les fentes des rochers humides du midi de l'Allemagne; elle a des frondes très-élégantes, dont les folioles en forme de coin portent à leur bord les spo­ranges arrondis recouverts dun indusium. Les pétioles des frondes servent à la préparation du sirop capillaire employé en phar­macie.

Fig. 11. La fougère commune ou impériale (Pteris aquilina), l'espèce la plus grande parmi nos fougères indigènes, se trouve fréquemment dans les forêts de sapins et les landes stériles et présente une grande fronde triangulaire, fortement découpée et portant les sporanges allongés sur leur bord roulé vers le dedans. Cette plante est remarquable par la structure particulière, quoffrent les faisceaux vasculaires de ses tiges; lors­quon les coupe obliquement vers leur base, la coupe représente asseï bien laigle impériale dAutriche, ce qui sans doute a fa>*