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Planche Ll.
Plantes de la 24 iè me classe du système de Linné, de celle des plantes dépourvues de fleurs (Cryptogamie). Elle se divise en deux grands embranchements, dans les cryptogames pourvues de feuilles et dont la planche 51 représente des exemples, et dans les plantes thalloïdales, dont les principales familles se trouvent représentées sur la planche 52. Tandis que dans les végétaux des 23 classes, dont il a été question antérieurement et qui tous offrent des fleurs visibles (phanérogames), la reproduction se fait au moyen de graines, dans les quelles la jeune plante se trouve renfermée sous la forme de l’embryon, atteignant son parfait développement sur la plante-mère, cette reproduction dans les plantes dépourvues de fleurs s’opère par des cellules ou par des groupes de cellules (spores ou sporidies), qui donnent naissance à de nouveaux individus soit immédiatement, soit par suite de la formation d’un pro-embryon.
Les cryptogames foliifères se rapprochent des phanérogames décrites jusqu’ici en ce que nous y rencontrons des organes foliaires plus ou moins parfaits; nous y distinguons en outre un accroissement vers le haut et vers le bas, en un mot, ces plantes présentent un système radiculaire. Néanmoins nous reconnaissons sans peine dans celte sousdivision deux degrés de développement; les premières familles en effet, jusqu'aux fougères foliifères, offrent encore dans leur intérieur des faisceaux vasculaires proprement dits, c'est à dire un système ligneux; les mousses et les Hépatiques au contraire, de même que toutes les familles représentées à la planche 52, sont de structure essentiellement cellulaire sans aucune trace de faisceaux vasculaires.
Fig. 1. La Pr èle des champs (Equiselum arvense, la queue de cheval), de la famille des Equisétacées, est une mauvaise herbe très-redoutée, et difficile à extirper dans les champs sablonneux; elle s'emploie communément pour recurer la vaiselle d’étain. Une seconde espèce, l'E. hyemale, se trouve dans les bois ; elle offre de3 liges très-rudes, incrustées de silice et que les menuisiers et les tourneurs emploient fréquemment pour polir le bois.
Notre figure en présente une tige stérile, articulée et garnie de feuilles verticillées à côté d'une pousse fertile, d’épourvue de ramifications, munie à ses articulations de gaines foliaires brunes et portant à son sommet une inflorescense en cône, composé d'écailles en forme de boucliers, à la face inférieure des quelles se trouvent les spores globuleuses renfermées dans des poches membraneuses. Ces spores, lors de la germination, donnent naissance à un coussinet à cellules larges, le pro-embryon, qui meurt après avoir produit la jeune plante. Il existe un développement absolument semblable dans les fougères et probablement aussi dans les familles voisines.
La famille des Equisétacées paraît avoir existé dans les temps antédiluviens en plus grand nombre , y avoir offert des proportions plus considérables et produit des troncs semblables à des arbres; les Calamites de nos collections de plantes pétrifiées paraissent en effet devoir être rapportés à des espèces de prêles.
Fig. 2. Le Pied de loup (Lycopodium clavatum), de la famille des Lycopodiacées, est une plante semblable à la mousse, qui se rencontre dans les forêts des montagnes sur le sol couvert de mousses et de bruyères; ses épis pédicellés renferment des spores pulvérulentes, appelées communément souffre végétal et connues dans les pharmacies tous le nom de Semen Lycopodii. D'autres espèces encore de ce genre se rencontrent dans les forêts de nos montagnes; nous en citerons les L. alpinum et hel- veticum; mais ce sont les pays tropicaux, qui offrent les espèces les plus nombreuses et les plus belles de ce genre; quelques unes d'entre elles sont cultivées dans nos serres.
Ces plantes aussi paraissent avoir existé à des époques antérieures en nombre plus considérable et avec des fo rmes gigantesques. Les Lepidodendron, en effet, trouvés dans les houillières des Iles de la Sonde, ne sont évidemment que des troncs pétrifiées de Lycopodiacées arborescentes.
Nous offrons deux figures de la famille des H y drop té rides ou fougères aquatiques. Ces plantes ressemblent déjà d'avantage aux véritables fougères; leurs jeunes feuilles sont en particulier roulées en crosse de la même manière, bien que leurs formes soient plus simples; ce sont do véritables plantes aquatiques; les spores n’y naissent point sur le dos des feuilles , mais dans les aisselles de ces dernières et sont renfermées dans des capsules oblongues ou globuleuses. Aueun des quatre genres indigènes ne renferme des espèces, qui offrent quelque imp ortance soit pour l’économie domestique soit pour la médecine.
La fig. 3. représente la Pilulaire (Pilularia globulifera), qui se rencontre plus particulièrement au Nord de l'Allemagne dans les prairies inondées ou dans les pâturages humides. Elle est du reste peu répandue.
Fig. 4. La Salvinie flottan le (Salvinia natans) se trouve quelquefois nageant sur nos étangs.
Les deux autres genres de cette famille, la petite Joubarbe (Isoetes lacuslris) et la Marsilie à quatre feuilles (Marsilea quadrifolia) sont de nos plantes marécageuses moins répandues.
Les Fougères forment une famille grande et belle, qui se trouve répandue sur toute la terre, mais qui n'offre la plus grande variété dans les formes grâcieuses des espèces arborescentes, semblables aux palmiers, que dans les forêts humides des tropiques. Ces plantes sont du reste d’une utilité fort restreinte pour l'homme; un petit nombre d'entre elles sont employée en médecine; les troncs de quelques espèces exotiques renferment dans leur moelle de la fécule, ce qui permet de les employer à la préparation du sagou. Quant à la structure des fougères en général, ces végétaux offrent une souche descendant obliquement dans le sol ou s’élevant perpendiculairement et en forme d’arbre, contenant des faisceaux vasculaires épars et garnie extérieurement par les restes des frondes desséchées. C'est à son sommet qu’on voit les frondes, qui sont encore vivantes, former une touffe en forme de rosette et les plus jeunes d’entre elles sont enroulées en crosse et vers le dedans. Les frondes sont de véritables branches, offrant les apparences de feuilles; quant à leur composition, elles sont tantôt simples, tantôt élégamment divisées et découpées d’une manière très-variée : les sporanges naissent sur leur dos sous forme de points, de bords, ou bien ils sont disposés en lignes le long du bord des frondes. Les véritables feuilles des fougères se présentent sous la forme de petites membranes écailleuses recouvrant la souche et la fronde, surtout pendant la jeunesse de ces parties, se desséchant ensuite et tombant ordinairement; on leur donne le nom de paillettes, et elles ressemblent beaucoup aux feuilles des lycopôdes. Les fougères aussi ont existé en grand nombre et de formes très-variées aux époques primitives du globe terrestre, comme nous le font voir les nombreux restes, que nous en rencontrons dans les couches de la houille.
Un groupe particulier des fougères est formé par les Ophio- glossées, dont les espèces les plus connues, la langue de serpent (Ophioglossum vulgatum) se trouvent à la fig. 5., la Lunaire (Bolrychium Lunaria) à la fig. 6.; ces deux plantes étaient autrefois employées en pharmacie, mais elles sont depuis longtemps tombées en désuétude; on les rencontre quelquefois dans les prairies et les pâturages humides. Dans ces fougères les sporonges sont rapprochés au point que l'expansion foliacée de la fronde disparaît presque entièrement, ce qui donne aux frondes fertiles une forme entièrement différente de celle, qu’offrent les frondes stériles.
Dans le groupe desOsmondes, dont l’espèce appelée Fougère royale (Osmunda regalis) et qui se rencontre quelquefois dans nos forêts humides, est réprésentée à la fig. 7, les parties fructifères de la fronde se métamorphosent tellement, que sa partie supérieure qui porté les sporanges présente une espèce de grappe, tandis que la partie inférieure de cet organe continue à offrir la forme d’une feuille.
Les fougères à anneau forment le groupe le plus nombreux de celte famille. Leurs sporanges, de couleur brune, sont constamment portés à la face inférieure des frondes, tantôt au bord, tantôt sur la lame elle-même, où ils se présentent en groupes arrondis, oblongs, en croissant etc. Ils sont ordinairement recouverts d'une membrane mince, l'indusium, qui, plus tard, se rompt sur le bord et se déssèche. Les parties de la fronde, qui sont étalées et offrent l'aspect de feuilles, sont fréquemment découpées d’une manière très-diverse et très-élégante. Parmi les espèces les plus curieuses il faut compter les suivantes:
Fig. 8. Le Polypode commun (Polypodium vulgare), à sporonges grands, jaune d’or, dépourvus d'indusium, se rencontre fréquemment dans les fentes des rochers et sur les arbres couverts de mousses. La souche, d’un goût douceâtre, s’employait autrefois en pharmacie sous le nom de fougère douce.
Fig. 9. La fougère mâle ou anlhelminlique (Aspidium filix mas), une des espèces les plus répandues surtout dans les forêts montagneuses, offre les sporanges épars, recouverts d’un indusium. La souche contient une huile résineuse d'une odeur forte, qui s’emploie en médecine contre le ver solitaire.
La fig. 10. représente la Capillaire de Montpellier (Adiantum Capillus Veneris), croissant dans les fentes des rochers humides du midi de l'Allemagne; elle a des frondes très-élégantes, dont les folioles en forme de coin portent à leur bord les sporanges arrondis recouverts d’un indusium. Les pétioles des frondes servent à la préparation du sirop capillaire employé en pharmacie.
Fig. 11. La fougère commune ou impériale (Pteris aquilina), l'espèce la plus grande parmi nos fougères indigènes, se trouve fréquemment dans les forêts de sapins et les landes stériles et présente une grande fronde triangulaire, fortement découpée et portant les sporanges allongés sur leur bord roulé vers le dedans. Cette plante est remarquable par la structure particulière, qu’offrent les faisceaux vasculaires de ses tiges; lorsqu’on les coupe obliquement vers leur base, la coupe représente asseï bien l’aigle impériale d’Autriche, ce qui sans doute a fa>*

