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On rencontre les Hyménomycètes sur la terre qui est riche en matières organiques, ou sur les troncs d'arbres, les bois etc. ; ils naissent particulièrement en automne et au printemps aux endroits humides et ombragés. Un grand nombre d’entre eux sont mangeables; leur emploi comme comestible est cependant sujet à de graves inconvénients, pareeque parmi eux il y en a un bon nombre qui sont nuisibles et même très-vénéneux, et qu'on distingue difficilement d'avec certaines espèces mangeables. En général il faut s’abstenir des espèces, qui ont une odeur ou une saveur âcre, ainsi que de celles, qui changent de couleur, quand on les rompt. On a constaté, que les espèces mangeables môme, lorsque les individus sont vieux et rongés par les insectes, deviennent par là nuisibles.
On distingue parmi ces Champignons divers groupes fondés sur la forme des organes de la fructification, s’élevant de la membrane, qui donne naissance à la plante et qui a reçu le nom de Blanc de Champignon. C’est sur quelque partie de la surface que ces végétaux portent la membrane diversement plissée qui renferme les spores. Voici ces groupes:
a) Les Clavaires, p. ex. fig. 1. La Clavaire en grappe (Clavaria Bolrylis) se rencontre dans les forêts de chênes et de hêtres ainsi que dans celles, qui sont formées d’essences mélangées, sur la terre entre les mousses, les herbes et les bruyères; elle est sourtout fréquente au printemps et en automne. Recueilli jeune ce champignon forme un excellent mets; vieux il se fait fibreux, aqueux et amer, et cesse d’être mangeable.
Une autre espèce de Clavaire mangeable est celle, qu’on appelle Barbe de Chèvre (Clavaria flava); elle se rencontre le plus fréquemment en automne sur le sol sablonneux des forêts de sapins; cueillie jeune et par un temps sec, elle fournit un plat très-agréable. La partie la plus délicate des Clavaires est leur tige, lorsqu’elle n'a pas encore dépassé la longueur de un ou de deux pouces.
b) Les Champignons plats avec des sporanges en forme de chapeau, de tête, de disque ou de godet, recouverts à leur face supérieure d’une membrane lisse ou ridée, qui contient les spores, renfermées dans des cellules ulriculaircs. Les genres les plus curieux de ce groupe sont les! Morilles rondes et les Morilles pointues, dans les quelles la tige offre déjà à son sommet un chapeau assez bien développé, allongé ou arrondi. Le chapeau est retroussé et c’est par suite de cette position, que la couche ulriculaire se trouve placée sur la face extérieure renflée et crevassée.
La fig. 2. présente la Morille mangeable (Morchella escu- lenta), généralement connue, qui se rencontre au printemps, à l’époque où fleurissent les primes-vères et les violettes, de préférence sur le sol argileux et fertile que sur le sol sablonneux, dans les contrées montagneuses, aux crevasses des rochers, dans les vergers, le long des fossés secs ainsi que dans leur fond, enfin dans les bois de la plaine et des collines. Elle se recueille en grande quantité; on la mange fraîche ou on la dessèche pour l'employer pendant l'hiver à l’usage culinaire. C’est sous celle forme, qu’elle présente même un objet de commerce assez important pour certaines contrées.
Une seconde espèce de ce genre, également mangeable, est la Morille à lige fendue (M. rimosipes), que l'on voit depuis la Dn d'avril jusqu'à la mi-mai dans la terre forte et sur le terreau gras à des endroits quelque peu exposés au soleil ; dans certaines années on la trouve en grande quantité, dans d’autres elle paraît très-peu ou elle fait même entièrement défaut.
Fig. 3. La Morille à oreilles (Helvella esculenta) se présente en avril et en mai et revient en automne, quelquefois on la rencontre même en été, lorsque le temps est chaud et humide; elle affectionne particulièrement des endroits élevés, ombragés et humides dans les forêts de sapins; il est plus rare de la voir dans les vergers ou les pâturages.
C'est dans les Champignons plats, que l’on range encore les Pézizes (Peziza cochleala et aurantiaca), qui, du reste, ne sont pas mangeables. Ce sont des Champignons de couleur jaune ou orange, très-fragiles, à chair très-mince, qui offrent la forme de godets et que l’on rencontre en été et en automne dans les terrains couverts d’herbes et de mousses, sur le bord des champs, ainsi que sur les tronçons dans les forêts de hêtres et de chênes.
c) Les Champignons à chapeau, à sporange en forme de disque ou de chapeau, placé souvent sur une tige ou un support et offrant généralement les organes de la fructification sur la face inférieure du chapeau sous des formes déterminées, soit comme lamelles, soit comme pointes, soit comme tubes etc. Ce groupe renferme de beaucoup les Champignons les plus beaux, distribués dans un assez grand nombre de genres, qui sont en partie très-riches en espèces.
La fig. 4. présente une espèce du genre Polypore, le P. odorant (P. suaveolens), qui se voit depuis l’automne et pendant 1 hiver sur 1 écorce des vieux troncs de saules, et qui se reconnaît facilement à l’odeur prononcée d’anis qu'il répand. Autrefois on 1 employait en médecine sous le nom de fungus salicis, contre la phthisie; mais son usage a été abandonné, et en outre la plante
n’est pas mangeable. Les Polypores se reconnaissent facilement aux pores fins, dont ils sont percés inférieurement; ils sont ordinairement d’une consistance ferme et tenace, ils sont dépourvus de tige et sont généralement dimidiés, c’est à dire disposés de manière, qu'ils sont fixés au bois et aux troncs d’arbres par leur côté large, où le chapeau ne s’est pas développé. C’est ici qu’il faut ranger encore l'espèce appelée I*. igniarius, qui se voit fréquemment sur les saules; le champignon, dont on prépare l'amadou (P. fomenlarius) au moyen d'une infusion dans une eau chargée de potasse; après celte operation on l'assouplit en le ballant pendant long temps; on recueille rarement chez nous ce champignon, que les fabricants d’amadou font venir de la Suède, de la Hongrie et de l’Esclavonie; l’agaric femelle ou des médecins (P. officinalis), qui vient sur la mélèze et qu’on emploie en médecine. Une espèce mangeable de ce genre est le P. des brebis (P. ovinus), qui peut même être mangé cru; on le rencontre souvent en grande quantité pendant les mois de l’automne dans les forêts à arbres feuillus et à feuilles persistantes, parliculièrment sur un sol légèrement sablonneux et parmi les bruyères. Il se reconnaît à sa couleur blanche ou jaunâtre et à sa chair blanche et compacte.
La fig. 5. présente un Champignon tubuleux, le Bolet jaune (Boletus edulis), généralement connu, que l’on rencontre souvent en très-grand nombre pendant des étés chauds et humides, dans les forêts peu touffues, aux endroits peu ombrages des montagnes recouverts d'herbes ou de bruyères, surtout dans le voisinage des hêtres et des chênes. Il est un des meilleurs champignons comestibles; on peut le manger cru et il se conserve parfaitement bien, lorsqu'on l'a préalablement desséché; il est à regretter seulement, que dès son jeune âge il se trouve rongé par les limaces, par les scarabés et par une foule d’autres insectes.
Les Bolets sont toujours portés sur un pédicelle, et à la face inférieure de leur chapeau se trouvent, non des pores lins, comme dans les Polypores, mais des tubes étroitement rapprochés les uns des autres, soudés entre eux et se détachant facilement du chapeau. Plusieurs autres espèces de ce genre sont comestibles, p. ex. le B. luleus L., champignon très-répandu; le Bolet rude (B. scaber Bull.), avec un chapeau passant du brun au jaune d’ocre et à l’orange et qui se reconnaît surtout aux aspérités noires, dont sa lige est recouverte; le B. sublomenlosus L, dont le chapeau brun fait au loucher quelque peu l'effet du velours. Sa lige est fréquemment garnie de fibres longitudinales rouges; sa chair est blanchâtre, mais le contact de l’air lui fait rapidement prendre une teinte bleuâtre. Les tubes de son chapeau sont jaune vert. On considère fréquemment comme suspecte celle espèce qui, dans sa jeunesse, et parfaitement mangeable; le B. savoureux (B. sa- pidus Harz.) est un grand champignon bai, qui se rencontre pendant toute la belle saison parmi les herbes et dans les fossés des forêts à arbres feuillus ; il se fait remarquer dès sa jeunesse par le grand nombre de petits coléoptères, qui y fourmillent et y établissent des galeries; le B. des bestiaux (B. bovinus L.), petit champignon brunâtre venant en grande quantité et ordinairement par touffes, pendant l’été et l'automne, dans les forêts de sapins et dans leur voisinage. On considère comme très-suspects les B. calopus et cyanescens, deux espèces, dont la première se reconnaît facilement à sa tige d’un beau rouge cerise, et dont l’autre offre une lige bleuâtre.
La fig 6. présente le Mérule veiné ou noirâtre (Merulius lacrymans Wulf.); c'est un champignon qui cause souvent d'énormes dégâts aux bâtiments, pour les quels on a employé du bois trop récemment coupé ou abattu à une époque indue. On ne trouve point d’espèces mangeables dans ce genre. Ce sont des champignons tubuleux, dépourvus de tiges, renfermés dans des membranes minces et attachés au bois par l’un de leurs côtés.
La fig. 7. présente la Chanterelle comestible (Cantha- rellus cibarius Fries), qui est une des espèces mangeables les plus fréquentes et le plus généralement connues ; on la voit en été et en automne particulièrement dans les forêts de sapins. C’est l’unique espèce de son genre; elle se reconnaît aisément aux plis disposés en lignes assez parallèles et dirigés vers le bas dans le contour de son chapeau.
Le genre le plus nombreux parmi les Hymenomycètes est celui des Agarics (Agaricus).
La fig. 8. représente l’espèce la plus savoureuse parmi les mangeables, le véritable Champignon (Agaricus campeslris L.); la fig. 9. au contraire offre l’espèce la plus dangereuse parmi les champignons vénéneux, l’agaric moucheté, la fausse oronge (A. muscarius L.). Cet une espèce généralement connue, qui en automne, se rencontre fréquemment dans les forêts de sapins. Le champignon comestible ne se voit, en septembre, que dans les pâturages et les lieux herbeux et se cultive par les maraichers; il se reconnaît sans peine à la couleur de chocolat que présent les lamelles qui garnissent le dessous de son chapeau dans le jeune âge et qui plus tard deviennent d’un brun noirâtre. Son chapeau est légèrement voûté et sa surface est d’un gris rougeâtre pâle.
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