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préparation de la soude, à cause du carbonate de potasse qui y est contenu. Il est vrai, que la chimie a trouvé maintenant des voies plus faciles pour gagner cette substance. En revanche cest des cendres de tous les varecs, que l'on retire maintenant l'iode, substance précieuse pour la pharmacie.

Le Varec vésiculeux (F. vesiculosus), représenté à la fig. 22, forme avec les F. serralus et nodosus, les espèces les plus répandues sur les côtes des mers du Nord, la mer les rejette souvent en grand nombre. On les recueille pour engraisser les bestiaux, pour les employer comme engrais et plus particulièrement pour en extraire la soude. Sur les côtes de l'Ecosse cette récolte donne lieu à des fêles populaires et à d'autres réunions semblables à nos foires. Les Lamina ri a digilala et esculenta, très-fréquents sur les côtes de la Mer du Nord, sont mangeables par suite de la grande quantité de mannile et de matière sucrée, qu'ils contiennent.

Le second groupe, renfermant également d'une manière ex­clusive des plantes marines, porte le nom deFloridées (Flori- deae) ou Varecs à fleurs à cause de la teinte généralement dun rouge vif, qu'offre leur thallus fruliculeux, rameux et finement divisé. Leurs spores, également de couleur cramoisie, sont dispo­sées dans les sporanges semblables à des nodosités ou à des cap­sules et placés aux ramifications de la plante. Les Floridées, éga­lement riches en genres et en espèces variés, se rencontrent à la vérité dans toutes les mers, mais habitent particulièrement celles des pays chauds. Elles sont presque uniquement formées de gé­latine et. par la cuisson, on les réduit en une masse mucilagi- neuse offrant un aliment facile à digérer. En outre elles ren­ferment de liode, ce qui fait, que diverses espèces dentre elles sont employées en médecine. Quelques unes servent à la nour­riture de l'homme, en particulier le Sphaerococcus crispus Ag., des côtes d'Irlande, quon connaît en pharmacie sous le nom de Caragheen ou de Mousse dIrlande.

La fig. 23. offre lalgue appelée la Mousse de Corse (Sphaerococcus Helminlhochorton), habitant les côtes de la Médi­terranée et récoltée particulièrement sur les côtes de la Corse, pour lusage pharmaceutique. Son action contre les vers intesti­naux se fonde probablement sur la présence de liode dans celle algue.

Fig. 24. Sphaerococcus purpurascens, espèce très-grâ- cieuse, qui se rencontre fréquemment sur les côtes du Danemarck.

Le troisième groupe porte le nom dAlgues membra­neuses (Ulvaceae); elle ne vivent plus exclusivement dans les eaux de la mer, mais quelques espèces se trouvent dans l'eau douce. Elles offrent un thallus membraneux soit étalé soit tubu­leux, les spores sont soit éparses, soit réunies par quatre dans le tissu cellulaire.

La. fig. 25. présente lUlve-laitue (Ulva Lactuca), très-com­mune aux côtes septentrionales du Danemarck.

Fig. 26. la Vauchérie doublée (Vaucheria geminala) se rencontre dans les fossés deau stagnante sous la forme de touffes filamenteuses vertes et peu ramifiées. Les Vauchéries offrent fré­quemment ce qu'on appelle des spores vibratiles, cest à dire des spores, qui sortent de lextrémité des filaments, qui nagent pendant quelque temps dans leau et qui, lorsquelles se mettent au repos, entrent en germination. Les spores s'y trouvent accu­mulées dans des poches latérales du thallus.

Les Vauchéries forment en quelque sorte le passage au qua­trième groupe, celui des Algues fisluleuses ou tubuleuses, appelées aussi Charagnes ou Characées (Characeae). Ce sont des plantes deau douce habitant les marais et particuliére­ment les tourbières. Leur ramification est verlicillée et ces êtres offrent le phénomène remarquable de la circulation rotatoire du suc cellulaire, qui se voit aisément dans les cellules ulriculiformes, dont toute la plante se compose. Un grand nombre despèces sont recouvertes par une forte incrustation calcaire et, lors de leur décomposition, elles répandent une odeur excessivement désagré­able. Les spores se trouvent placées dans les aisselles des feuilles verticillées raccourcies et offrent la forme de petites nucules. En outre on remarque sur ces plantes encore des vésicules rouges, qui contiennent dans leur intérieur un grand nombre d'anlhéridies mobiles. Linné a placé ces plantes parmi les Phanérogames dans la classe, qu'il appelle Monoecie, à cause de la présence de ces deux sortes d'organes floraux, dans les quels il crut reconnaître les organes sexuels des Phanérogames; mais les recherches des derniers temps nous ont appris, que ces organes sont d'une nature entièrement différente.

Notre fig. 27. offre la Charagne hérissée (Chara hispida), qui se rencontre dans les marais et dans le lacs de nos pays.

Le cinquième groupe est formé par les Algues filiformes (Oonfervaceae). Ces plantes sont formées de rangées de cellules réunies dans le sens de la longueur, et offrant un filament arti­culé ou rameux enveloppé dune membrane mucilagineuse parti­culière. Toutes les cellules de la môme rangée ne contribuent pas à la propagation de la plante en produisant des spores. Les cellules, ceci a lieu, s'enflent et deviennent globuleuses. Le

nombre des véritables Conferves (Conferva) dans les eaux douces j autant que dans la mer, est très-considérable, et par un temps favorable leur multiplication est vraiment extraordinaire. Souvent on voit le terrain des endroits antérieurement inondés recouvert par les résidus de ces plantes, qui sy présentent sous la forme de lames papyracées. Elles contribuent également à la formation de ; la tourbe.

La fig. 28. offre une Confervacée élégante, le Batrachospermum I vagum, de grandeur naturelle et considérablement grossi. On le | rencontre quelquefois dans les fossés des tourbières, il y a de f leau courante, mais cette espèce nest pas de celles, qu'on ren- j contre fréquemment. j!

Fig. 29. La Conferve des rivières (Conferva rivularis) I est, au contraire, une des espèces les plus répandues dans les S ruisseaux et les rivières. Parmi les Confervacées les plus grâ- |i cieuses se placent les Conjuguées (Conf. quinina et decimina), tj qui offrent le phénomène curieux de la conjugaison, c'est à dire | que parfois deux de leurs filaments se placent parallèlement lun I à côté de lautre cl que deux cellules apposées produisent des I poches, qui se réunissent en un conduit, par lequel le contenu r dune cellule passe dans la cellule voisine et détermine, de celle } manière, une formation de spores.

La fig. 30. présente une Algue vibralile (Oscillatoria te- , nuis), qui nait au fond des sources et des ruisseaux et qui offre l'image de plus en plus simplifiée de la structure de ces végétaux. Les filaments vibratiles, comme le fait voir le grossissement en a, ne se composent plus que de fils isolés, qui se réunissent au fond des eaux sur des pierres immergées etc., et y forment un mucilage filamenteux vert de gris, vert bleu ou noirâtre. On remarque dans ces plantes dun côté lexcessive rapidité, avec laquelle elles se multiplient et de lautre le mouvement irembloltant, qu'elles présentent à cette occasion et qui se dirige de côté et dautre.

La forme et l'adhésion des cellules devient de plus en plus simple. Dans les Algues mucilagineuses (Nostochineae) elles sont soit isolées, soit réunies en filaments articulés en­veloppés seulement dune masse mucilagineuse homogène plus ou moins développée , et forment de cette manière par ex. < dans les sources minérales lécume des bains ; aux endroits humides elles donnent naissance à l'efflorescence verte, qui con­stitue une partie de lamatière de Priestley" (Prolococcus viridis).

A la région des neiges dans les Alpes et dans les contrées po­laires elles produisent la neige rouge (Protococcus nivalis). Notre dernière figure, la 31 e , représente l'une de ces masses mucila­gineuses, qui atteint souvent la grosseur d'un poing (Nostoc commune) et quon voit souvent naître en grand nombre après pluies d'orage. Les habitants de la campagne les croient dorigine météorique.

Plus ces organismes se simplifient et plus aussi ils se trouvent restreints sous le rappart des lieux de leurs naissance. La plu­part des Algues mucilagineuses vivent à la vérité dans les eaux stagnantes, cependant quelques unes dentre elles se rencontrent sur la terre et sur les rochers humides et même sur la neige et la glace fondantes.

Le groupe des Desmidiacées (Desmidiaceae) ne se ren­contre que dans les eaux stagnantes. Ce sont des Algues micros­copiques constituées par une seule cellule de forme soit ronde, soit anguleuse, soit en fuseau; mais chaque cellule se compose encore de deux moitiés symétriques réunies par une suture, et leur multiplication sopère par la division transversale de ces moitiés.

Le contenu des cellules est formé uniquement par de la chloro­phylle, qui, dans un état plus avancé des plantes, se transforme en une masse amylacée.

Les Diatomacées (Dialomaceae) ou Baccilariées (Bacci- larieae) enfin sont des Algues microscopiques, formées par une cellule unique et non par deux cellules réunies, comme dans ta groupe précédent. Ce sont par conséquent les organismes végé­taux les plus inférieurs constitués par ces parties élémentaires, dont, en dernière analyse, se trouvent formées toutes les plantes.

Le contenu de ces cellules est de la chlorophylle et leur enveloppe est formée fréquemment dune substance siliceuse, à laquelle on donne le nom de carapace et qui se conserve fort longtemps.

A cause des mouvements lents, que l'on remarque quelquefois sur ces productions, on les a considérées autrefois comme des ani­malcules infusoires, dont les dépouilles ou résidus seraient pré­cisément ces carapaces siliceuses. Les Desmidiacées sont com­munes dans les eaux stagnantes, dans la poussière etc., et on pourra se faire une idée de leur exiguïté par le fait constaté par Ehrenberg, que 5000 millions de ces carapaces se trouvent réunis dans le volume dune ligne cube. II nest pas rare de trouver des couches de terre très-épaisses formées par ces carapaces, p. ex. le schiste marneux de Bilin en Bohême, ainsi quune couche puissante de terre siliceuse, qui s'étend au loin sous la grande lande de Lunebourg. Ces couches se sont évidemment formées comme un dépôt des eaux stagnantes, dans les quelles ces premiers éléments de la vie végétale avaient existé en quan­tités innombrables.