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Rouille (Uredo Rubigo D. C.) se présente comme un amas de poussière de couleur orange sur les chaumes et les feuilles de quelques espèces de céréales, particulièrement de l’avoine. Il est probable, que la partie active de la levûre est également un champignon de la famille des Coniomycètes, auquel on donne le nom ■de Saccharomyces Mn. ou de Cryptococcus ferrnentum Külzing. Il «ist prouvé en effet par des expériences directes, que c'est à l’action de ce champignon qui, comme les autres espèces de la même famille, dégage de l’acide carbonique, qu’il faut attribuer l’action -excitante, qui réside dans la levûre ou le ferment.
Le Seigle ergoté (Secale cornutum flg. 16.), bien que semblable à un ehampignon, n’en est pas un, mais n'est qu’une déformation maladive de la graine, sans qu'il y naisse un champignon parasite, comme on le croyait autrefois. D’ailleurs cette substance, lorsqu’elle se trouve mêlée en grande quantité aux farines, est très-nuisible; elle sert en médecine comme un médicament bien actif.
Les Lichens, la seconde famille des plantes lhalloïdales, ne viennent jamais dans l’eau, mais se rencontrent sur les rochers, les murs, les écorces des arbres, les cloisons, rarement sur la terre. Cependant ces divers corps servent seulement aux Lichens pour s’y fixer, ce qui fait que la même espèce se retrouve et sur les pierres et sur le bois. Ils tirent leur nourriture uniquement de l’atmosphère. On les rencontre en plus grand nombre dans les régions froides ainsi que dans les parties élevées de] nos montagnes, exposées aux vents où, recouvrant les pierres nues, elles représentent les dernières traces de la vie végétale. D'un autre côté ces plantes forment en quelque sorte la base de toute végétation en ce que, aux points décomposés et humides de la surface des rochers, leurs spores se mettent à germer, et c’est de cette manière, que se forme la première couche mince de terreau qui, par son accroissement, permet à d'autres végétaux de s’y établir plus tard.
Contrairement à ce qu’on observe dans les champignons, où les sporanges se présentent surtout bien développés, s’est le thaï lu s, qui dans les Lichens prend le plus de développement. Cette partie est ou foliacée, ou en forme de croûte, ou formée de poussière; elle est étalée horizontalement, ou bien elle s’élève perpendiculairement sous forme de tiges cylindriques simples ou ramifiées ; les conceptacles naissent du thallus et renferment, dans des ulricules, les spores au nombre de 2 à 8, placées dans des corps de forme assez diverse, soit globuleux, soit en godet étalé, soit entièrement clos. Le thallus des lichens et en particulier les cellules à parois épaisses de la couche corticale qui offrent rarement une couleur verte (tandis que les couches internes contiennent constamment de la chlorophylle), se compose de la substance amylacée, que les chimistes appellent Lichinine; c’est à elle que certaines plantes de celle famille doivent leurs qualités nutritives, p. ex. les Lichens, appelés Mousse d’Islande, Mousse des rennes. D'autres espèces renferment un principe colorant rouge, bleuissant par l'action des alcalis, et servent par celle raison à la préparation de la teinture de tournesol et d’autres matières tinctoriales.
D’après leurs organes de fructification, appelés Conceptacles, les Lichens se divisent en deux groupes. Dans le premier on range celles de ces plantes, qui ont des conceptacles ouverts en forme de godets, de boucliers ou de capitules ; dans le second on place celles, qui offrent des fruits clos, s’ouvrant plus lard par un pore à leur sommet. Dans chacune de ces deux divisions les genres se fondent sur la structure du thallus; les espèces sont fréquemment carctérisées par la couleur du thallus et des con- ceplacles, qui offrent en effet des caractères constants.
Parmi les Lichens à fruits nus (Gymnocarpes), c’est à dire à conceptacle ouvert, nous représentons à la fig. 17 la Pareils lartareuse (Lecanora tartarea), qui se rencontre sur les rochers calcaires surtout de quelques parties de l’Allemagne, mais qu’on trouve particulièrement en Suède. On la transporte en grandes masses dans les fabriques de la Hollande, où l'on en prépare une couleur rouge connue sous le nom d’Orseille. Des fabriques semblables existent dans le midi de la France, où l'on reçoit la matière première principalement de l'Auvergne.
La fig. 18. nous présente le Lichen d’Islande, appelé communément mousse d’Islande (Cetraria islandica Ach., Lichen islandicus, L.), qui s’emploie fréquemment chez nous contre les affections pulmonaires, mais qui dans les régions arctiques sert aussi comme ingrédient du pain, après que sa grande amertume a été enlevée par l'infusion dans l’eau bouillante. Ce lichen, très commun dans le nord de notre continent, se rencontre également en grand nombre dans les montagnes de l’Europe centrale, dans les lieux secs et arides, dans les montagnes et dans les forêts de sapins.
La fig. 19. représente l’Orseille des Canaries (Roccella tinctoria), indigène sur les rochers maritimes de la Méditerranée et de l'Atlantique et particulièrement aux Azores et aux Canaries, où on la recueille par milliers de quintaux, pour en préparer la matière, que les teinturiers connaissent sous le nom d'Ors eille.
D’autres lichens intéressants de celte division sont encore les suivants:
Le Lichen ou Mousse des rennes (Cladonia rangi- ferina), qui est déjà commun chez nous dans les bruyères, mais qui dans le Nord recouvre le sol presque exclusivement sur de vastes étendues et y fournit un excellent aliment aux nombreux troupeaux de rennes, qui vont même la déterrer de dessous la neige. — Une des espèces fruticuleuses les plus communes est l’Usnée barbue (Usnea barbata), qu’en voit suspendue comme une longue barbe grise aux vieux troncs des sapins. On connaît encore plus généralement le Lichen mural jaune (Parmelia parietina), qui, de ses croûtes jaune d'or, recouvre tous les arbres, les cloisons et les murs, tantôt comme une simple couche thalloïdale et sans fruits, tantôt offrant en grand nombre des con- ceplacles dépourvus presque de thallus.
Le Lichen géographique (Lecidea atrovirens) recouvrant les pierres de nos montagnes avec son thallus vert de serin et ses conceptacles noirs, ainsi que les Herpettes (Opegrapha), ressemblant à des caractères d’écriture, sont encore à remarquer dans cette famille.
Les Lichens angiocarpes ou à fruits clos sont moins importants et offrent moins d’intérêt. Nous représentons de ce groupe à la fig. 20 la Verrucaire noire (Verrucaria maura), qu’on rencontre sur les pierres, qui bordent les ruisseaux, particulièrement dans le Ilarz; plus elle est près de l’eau et plus sa végétation est luxuriante; on la voit le mieux développée sur les côtes de la mer du Nord.
La fig. 21. offre l'Endocarpe (Endocarpon perlusum Wah- lenberg), dont la fructification est comme cachée dans l’intérieur du thallus et qui se rencontre sur les pierres et sur les vieilles planches des cloisons.
La troisième famille enfin des plantes lhalloïdales, les Algues ouVarecs, vivent dans l’eau, ce qui constitue le principal caractère pour les distinguer d’avec les Lichens. La chlorophylle contenue dans leurs cellules les distingue en outre encore d’une manière particulière des champignons. Du reste dans ces plantes c’êsl le thallus, qui est plus particulièrement développé. Fréquemment la chlorophylle ou la couleur verte y passe au rouge, ce qui donne quelquefois à ces plantes un aspect magnifique. Les spores s'y forment soit dans la masse même du thallus, soit dans des conceptacles particuliers. Dans les formes moins développées nous remarquons en outre encore une propagation par la division des cellules.
On connaît au-delà de 2000 espèces d’AIgues; les deux tiers d'entre elles habitent exclusivement la mer. Les plus petits de ces êtres remplacent par leur quantité extraordinaire et par leur multiplication rapide et immense ce qui manque à leur taille. En remplissant par quantités énormes les eaux, elles leur font prendre une teinte verte, brunâtre ou rougeâtre. Un grand nombre d’espèces très-diverses de ces Algues microscopiques et d’une structure excessivement simple, puis qu’elles ne sont formées que par une agglomération de cellules remplies d’une foule de granulations vertes ou rougeâtres, forment au fond des eaux ce mucalage vert, qu’on désignait autrefois sous le nom de matière verte de Priestley. Les Algues plus parfaites, venant dans la mer, sont importantes par les principes, qu’elles contiennent et qui sont la gélatine, le sucre de raisin, l’iode et le brome. C’est principlement sur la structure du thallus, qu’on a fondé la division de cette grande famille en 8 groupes principaux, qu’il ne sera pas sans intérêt d’examiner avec quelque détail.
La fig. 22 offre le Varec vésiculeux (Fucus vesiculosus) comme le représentant du premier groupe, qui offre l'organisation la plus parfaite et qu’on appelle Fucoïdes (Fucoideae) ou Algues coriaces; ce sont des plantes marines à fronde ou thallus généralement fixée sur des rochers, de couleur olivâtre, brune, rarement rougeâtre et d’une consistance solide et coriace. Ses tiges et les feuilles offrent fréquemment une grande ressemblance avec celles des plantes plus parfaites. Dans toutes ces Algues les spores sont de grosseur considérable, noires, et renfermées dans des sporanges semblables, à des capsules et qui sont ou isolés ou réunis par groupes. Les Fucoïdes sont répandues sur toutes les côtes, mais principalement sur celles des régions froides, où elles habitent les bords et les bas fonds formés de rochers, auxquels elles sont fixées au moyen d’une dilatation semblable a une racine et formée par la base de leur tige. Un petit nombre d’entre elles se rencontrent flottant librement sur la haute mer, par ex. le Sargassum bacciferum Ag., recouvrant la mer à l’ouest des Azores sur une étendue de plusieurs milliers de lieues carrées; celle mer a reçu par celte raison le nom de mer de Sargasso. Certains varces atteignent une grandeur considérable: dans le voisinage, par ex. du Cap Horn, à l’extrémité méridionale de l’Amérique du Sud, on en a trouvé une grande espèce, le Macrocystis pyrifera, d’une longueur de 300 à 1000 pieds. Les Varecs sont remarquables comme servant d'habitation et de nourriture â une foule d'animaux marins et particulièrement par l’usage varié, que l’homme sait en retirer. Un grand nombre d’entre eux sont mangeables, leurs cellules â parois épaisses étant composées de gélatine. D’autres sont employés depuis les temps les plus reculés pour la

