STROMBERG.

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croissait déjà sur ses murs en ruine, on nentendait que le croassement du corbeau, ou les cris rauques des oiseaux de proie. Il songeait au changement dé­plorable qui sétait opéré depuis lépoque quil avait parcouru ces cours devenues désertes, sa Bertha brillante damour, de charmes et de vivacité, son père vénérable à ses côtés laccueillit à son arrivée ; et il se repaissait du souvenir de tous ses gestes et de chacun de ses regards, lorsquil fut arraché au triste plaisir quil prenait à retracer dans sa mémoire limage de son bonheur passé, par lapparition soudaine dun berger solitaire. Il le suplia avec instance de lui raconter les évênemens malheureux qui avaient eu lieu pendant son absence. On lui dit que le château avait été surpris, emporté dassaut, et brûlé par des ennemis féodaux du Baron, qui périt les armes à la main défendant courageusement le château de ses ancêtres ; mais on ignorait le sort de ses deux aimables filles : on ne savait si elles avaient péri par le fer de lennemi, avaient été faites captives, ou ensevelies sous les ruines.

Diether, accablé daffliction par ce récit déplorable, et déchiré démotions contraires, dirigea ses pas vers son château qui lui semblait plus solitaire que les ruines quil venait de quitter. Il regretta souvent de navoir pas eu le bonheur de terminer son existence dans les plaines de la Palestine, ou dans les cachots des Sarrasins. A peine sortait-il de la léthargie dans laquelle sa douleur lavait plongé, quil résolut de chercher dans les mon­tagnes et les forêts voisines lendroit le plus sauvage et le plus solitaire, pour y ériger une chapelle quil fît vœu de consacrer à son saint tutélaire, et dy con-

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