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ROLANDSECK.
tout-à-coup sa main fut saisie d’une palpitation soudaine
et sa figure se couvrit d’une rougeur éclatante.-
“ Comment,” se dit-il en lui-même, est-il possible que ce visage que des hordes de Sarasins n’ont pu déconcerter rougisse à la vue d’une femme et que cette main que ni la lance ni l’épée n’ont pu désarmer, tremble maintenant ! Il se remit de son émotion par un effort vigoureux, et entra librement en conversation ; il parla avec enthousiasme des dernières guerres et des vues politiques de son oncle puissant. Enfin les habitans du château se retirèrent pour se livrer au repos; Roland ne put dormir de toute la nuit : l’image de sa belle Hildegonde était toujours présente à son imagination. Aussitôt que l’aurore parut, ses songes brulans se dissipèrent, il se leva à la hâte, et pour se calmer, il alla respirer l’air frais d’une matinée printanière. Il était sur le point de partir quand son noble hôte le supplia de lui révéler son nom. En apprenant que son convive était le brave Roland, la fleur de la chevalerie, dont la voix de la renommée publiait partout les hauts faits, et que célébraient à l’envie les chansons guerrières, il le conjura de différer son départ d’un jour. La modeste Hildegonde n’ouvrit point, ses lèvres pour appuyer l’invitation de son père, mais le langage silencieux et plus persuasif de ses yeux fit assez connaître que sa présence ne lui était pas indifférente.
Roland resta volontiers, son amour timide d’abord avait acquis beaucoup d’hardiesse, et il n’attendait qu’une occasion favorable pour déclarer son amour. Un soir qu’il se promenait dans le jardin du château, plongé en

