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pendant quun de fes valets menoit ma mule a lécurie. Cet hôte, le plus grand babillard des Afturies, & auffi prompt à conter fans- céfiité fes propres affaires que curieux de fa- voir celles dautrui, mapprit quil fc nommoit André Corcuélo; quil avoit fervi longtems dans les armées du roi en qualité de fergent, & que depuis quinze mois il avoit quitté le fervicepour époufer une fille de Cafhopol, qui, bien que tant foit peu bafanée, ne laiffoit pas de faire valoir le bouchon. Il me dit encore une infinité dautres chofes, que je me ferois fort bien paffé dentendre. Après cette con­fidence, fe croyant en droit de tout exiger de moi, il me demanda d je venois, jaliois, & qui jétois. A quoi il me fallut répondre article par article; parce quil accompagnoit dune profonde révérence chaque queilion quil me faifoit, en me priant dun air fi relpeéiueux dexcufer fa curiofité, que je ne pouvois me défendre de la fatisfaire. Cela mengagea dans un long entretien avec lui, & me donna lieu de parler du deffein & des raifons que javois de me défaire de ma mule, pour prendre la voie du muletier. Ce quil approuva fort, non fuccinélement ; car il me repréfenta- deffus, tous les accidens fâcheux qui pouvoient marriver fur la route. Il me rapporta même plufieurs hilioires finiftres de voyageurs. Je cro- yois quil ne finiroit point. Il finit pourtant, en difant que fi je voulois vendre ma mule, il con- noiiToit un honnête maquignon qui lachette- roit. Je lui témoignai quil me feroit plaifir Terne I. B do