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était pieuse, aimante, douce, modeste, laborieuse. Assise aux pieds de sa mère qui filait, suivant l’usage de ce temps-là, Geneviève aussi faisait tourner son petit fuseau avec une étonnante dextérité. Ses questions ingénieuses, ses réponses justes et spirituelles, frappaient d’étonnement la duchesse, qui prenait plaisir à l’instruire en causant et en travaillant. Geneviève se rendait régulièrement à l’église avec ses parents. Prosternée devant l’autel, entre son père et sa mère, vêtue de blanc, et ses longs cheveux flottant en boucles dorées sur ses épaules, elle avait l’air d’un ange, lorsqu’elle élevait ses beaux yeux bleus vers le ciel, pour les baisser ensuite avec une profonde dévotion. Mais c’est dans la cabane du pauvre surtout, c’est au chevet du lit des malades, qu’elle était vraiment un ange tutélaire et consolateur. Elle distribuait aux indigents des vêtements qu’elle avait faits elle même; elle donnait aux malheureux l’argent qu’elle avait reçu de son père pour sa toilette. Au point du jour, ou à la faveur du crépuscule du soir, elle se glissait dans les chaumières où il y avait quelqu’un de soulfrant, et lui apportait, dans un petit panier, des mets restaurants ou d’excellents fruits dont elle s’était privée elle-même. Ainsi s’écoulèrent ses premières années; ainsi se passa son adolescence. Toutes les mères la citaient en exemple à leurs enfants.
Un jeune chevalier, le comte Sigefroi, qui joignait à la noblesse de la figure celle des sentiments, ayant sauvé la vie dans une bataille au duc de Bra-

