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CHAPITRE II.

Départ de Sigefroi pour la guerre.

Le château du comte portait le nom de Sige- friedsbourg, et sélevait sur des rochers dune grande hauteur. Situé entre la Moselle et le Rhin, il do­minait les alentours, et à ses pieds se déployait une contrée charmante. Quand Geneviève y fit son entrée, toute la population, en habits de fête, sétait déjà rassemblée pour la recevoir. La porte du château était ornée de vertes guirlandes; le chemin était parsemé de feuilles et de fleurs. Tous les yeux étaient fixés sur la jeune princesse; chacun désirait ardemment la voir, et à sa vue, chacun resta frappé de surprise et dadmiration.

Dans les traits de Geneviève venait se peindre une arne dune innocence, dune pureté, dune bien­veillance céleste. Sa beauté avait quelque chose de divin. Elle descendit de cheval, et salua tout le monde avec une affabilité et une douceur pleine de grâce. Elle parla aux vieillards avec respect, interrogea les mères avec bonté sur lâge et sur le nom de leurs enfants, et fit à tous quelque riche présent. Chacun était ravi, pénétré de reconnais­sance et damour. Mais quand elle annonça que cette année les soldats et les domestiques recevraient une double paie; que les contributions seraient re­mises aux vassaux; quon ferait aux pauvres une grande distribution de bois et de grain, alors len­thousiasme fut à son comble, des acclamations dal-