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de nous votre épouse: cest notre bien le plus pré­cieux; elle nest pas indigne de vous. Aimez-la toujours; et remplacez auprès delle les parents quelle va quitter. 14

Sigefroi, attendri, promit tout ce quon désirait: puis il sagenouilla avec Geneviève, et tous deux reçurent la bénédiction paternelle.

Dans ce moment parut lévèque Ilildolphe, qui avait consacré lunion des jeunes époux. Cétait un vieillard, dont les cheveux blancs comme la neige inspiraient la vénération, et dont la figure était en­core fraîche. Il leva ses mains vers le ciel, et bénit le jeune couple. »Ne pleurez pas, princesse, dit- il ensuite à Geneviève: Dieu vous a réservé un grand bonheur, mais non pas un bonheur tel que chacun limagine ici. Le jour viendra cependant des larmes de joie en rendront grâce à Dieu. Que le Seigneur soit avec vous ! «

A ces mots, prononcés dun ton imposant par le pieux vieillard, le coeur de tous les assistants fut saisi dun pressentiment secret des destinées futures et extraordinaires de Geneviève; la douleur universelle se changea en recueillement.

Cependant le comte Sigefroi fît monter sur un coursier magnifique sa chère Geneviève, pâle, chan­celante, et pouvant à peine se soutenir. Il sé­lança lui-même sur son cheval, et tous deux sé­loignèrent, suivis dun brillant cortège de chevaliers.