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de son côté, fit ses préparatifs de guerre. Il ex­pédia des messagers dans tout le pays, pour ras­sembler ses vassaux; puis il prit les mesures pro­pres à maintenir lordre pendant son absence. Tous les chevaliers du voisinage furent bientôt rassem­blés autour de lui , et les pas de cette foule de guerriers, recouverts de leurs armures, retentirent au loin sous les voûtes sonores du château.

Geneviève fut occupée tout la nuit à faire les apprêts pour le départ de son époux. Au point du jour, les chevaliers se réunirent dans la salle. Au milieu deux était le vaillant Sigefroi, armé de pied en cap; un panache ondoyant ombrageait son casque et le distinguait de ses compagnons ; on nattendait que lui pour partir. Alors entra Gene­viève, qui, daprès les usages de la chevalerie, offrit à son époux sa redoutable épée et sa lance. «Em­ploie ces armes, dit-elle, pour la cause de Dieu et de la patrie; quelles te servent à protéger la faible innocence, et à punir le crime audacieux!» En achevant ces mots, elle tomba dans les bras de Sigefroi: une pâleur mortelle se répandit sur ses joues. »Ah! mon bien-aimé, lui dit-elle en soupi­rant, mon cher Sigefroi ! si mes yeux ne devaient

plus te revoir!». Et un torrent de larmes

inonda son visage décoloré. «Prends courage, ma chère Geneviève, dit le comte attendri lui-même, personne ne pourra me nuire, si Dieu me protège; celui qui le craint na rien à redouter. Cesse de taffliger, et sois tranquille sur mon sort. Jai confié