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le soin de ta personne et ladministration de mes terres à mon fidèle intendant. Il a ma confiance; il saura mériter la tienne. Adieu, ma chère Gene­viève, que le Tout-Puissant veille sur toi, et daigne bientôt nous réunir! Pense à ton époux, qui tai­mera toujours! Ne loublie pas dans tes prières!»

Geneviève voulut accompagner Sigefroi jusquà la porte du château. La foule de chevaliers les suivit. Le son des trompettes guerrières annonça le départ du comte, et les glaives resplendissants brillèrent aux premiers rayons du soleil. Sigefroi pressa Geneviève encore une fois sur son coeur, puis sélança sur son coursier, pour cacher les larmes qui coulaient de ses yeux, et séloigna au grand galop. Tous ses compagnons le suivirent avec la rapidité de léclair, et les ponts-levis trem­blèrent sous leurs pas. Geneviève monta sur la tour, et y resta aussi long-temps quelle put aperce­voir le brillant cortège; puis elle senferma dans sa chambre pour y pleurer en liberté. Sa douleur ne lui permit de prendre aucune nourriture pen­dant le reste de la journée.

CHAPITRE III.

Geneviève accusée faussement.

Depuis le départ de son époux, Geneviève vivait dans la plus profonde retraite. L'aurore avait à peine rougi la cime des sapins, que déjà elle était