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assise travaillant près de sa fenêtre. Ses larmes coulaient en silence, et arrosaient la broderie dont elle s’occupait en pensant à son bien-aimé. Bientôt le son argentin de la cloche l’appelait dans la chapelle du château, et là, elle adressait au Ciel des voeux ardents pour la conservation de son époux. Souvent elle rassemblait autour d’elle Jes tilles du village, et leur apprenait à coudre et à filer, en leur racontant de belles histoires. Elle était comme une bonne mère pour les malades et pour les pauvres, qu’elle avait aimés et soulagés dès sa plus tendre jeunesse. Les indigents trouvaient chez elle de l’occupation et un salaire assuré; les malades, quelle visitait dans leurs chaumières, se laissaient engager par sa douce éloquence à prendre les boissons les plus rebutantes. Le soir, elle fdait au milieu de scs domestiques, et pendant la nuit, quand la lune brillait dans sa chambre .à travers les vitraux gothiques, elle jouait du luth, en chantant quelque cantique religieux. Elle tenait surtout au bon ordre et à des moeurs pures: aucun de ses subalternes n’aurait osé se permettre rien de contraire à la vertu.
L’intendant que le comte avait chargé du soin de toutes ses affaires s’appelait Golo. C’était un bel homme, dont l’esprit était fort subtil et les manières très-insinuantes; mais il n’avait ni conscience, ni crainte de Dieu. Il s’inquiétait peu, si ses actions étaient conformes à la justice, pourvu qu’elles lui procurassent quelque avantage ou quelque plaisir.

