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est à vous; je viens vous le consacrer. Hélas! je ne puis vous loffrir dans votre sanctuaire; mais vous êtes aussi présent dans ce lieu, et votre tem­ple est partout il y a des coeurs pour vous aimer. Je nai personne avec moi pour tenir ce pauvre innocent sur les fonts de baptême; il ny a point de ministre de lévangile pour le bénir en vôtre nom ; cest moi qui dois en faire les fonctions. Je vous promets solennellement, ô mon Dieu ! déle­ver cet enfant dans votre crainte et dans votre amour, et de lui faire connaître votre fils qui nous a sauvés, de le rendre attentif aux impulsions de votre Saint-Esprit, de lui inspirer un sincère amour pour les hommes. Oui, Seigneur, jaurai soin de lui comme dun joyau précieux que vous mavez confié, afin de pouvoir un jour vous remettre pur et sans tache ce dépôt sacré dont il faudra que je rende compte.»

La bonne mère pria long-temps encore dans le fond de son ame; puis elle prit le vase deau quon lui apportait chaque jour, et baptisa lenfant, quelle appela lîénoni: »Tu es, dit-elle, au milieu des larmes et des souffrances de ta pauvre mère; cest pourquoi tu tappelleras lîénoni, comme jadis le fils de Rachel.»

Après lavoir baptisé, Geneviève enveloppa len­fant dans son vêtement; elle le posa sur ses ge­noux, et dit avec émotion : »Mon cher Bénoni, voilà quel sera ton berceau!» Puis, jetant les yeux dou­loureusement sur le morceau de pain uoir placé