23
vous apprendre! Mon coeur se brise et mes larmes m’empêchent de parler.«
"Quiètes vous?« répondit Geneviève, en se levant et en s’approchant de la fenêtre. — »Je suis la tille du geôlier, la pauvre Bertha, pour qui vous avez eu tant de bonté pendant sa longue maladie. Je vous aime de tout mon coeur: je désire ardemment vous témoigner ma reconnaissance. Mais, hélas! celte nuit même il vous faut mourir. Telle est la volonté du comte, qui vient d’écrire à Golo et qui vous croit coupable du crime que ce monstre vous a imputé. On a déjà donné des ordres aux bourreaux qui doivent vous trancher la tête : j’ai entendu de mes propres oreilles Golo qui se concertait avec eux. Votre enfant doit partager votre sort, car le comte ne veut pas le reconnaître pour son fils. Quand j’ai vu tout le monde endormi, j’ai quitté mon Jit de souffrances, et je me suis trainée jusqu’ici. Comment aurais-je pu vivre, si je n’avais pris congé de vous, si je ne vous avais encore témoigné toute ma reconnaissance? Confiez à mon dévoûment tout ce que vous avez sur le coeur; du moins vous n’emporterez pas tous vos secrets dans la tombe, et le jour arrivera peut-être où je pourrai rendre témoignage de votre innocence.»
Geneviève resta long-temps muette et frappée de terreur; car elle ne croyait pas sa fin si prochaine. S’étant un peu remise, elle pria Bertha de lui procurer une lumière, et tout ce qui lui était nécessaire pour écrire. Bertha obéit, et Geneviève, n’ayant ni chaise

