ni table, écrivit sur les carreaux humides la lettre suivante :
«Mon cher époux, c’est sur les carreaux glacés dont est pavée ma prison que je t’écris ces lignes, les dernières que tu recevras de moi. Quand elles te parviendront, mes os reposeront depuis long-temps dans la tombe. Je vais paraître au tribunal du Seigneur: il sait que je meurs innocente, moi qui suis condamnée à mort comme une infâme criminelle. O Sige- froi! oui, je suis innocente, c’est ce que j’ose affirmer ici devant Dieu, au bord du tombeau qui va m’engloutir! Mon bien-aimé! c’est sur toi seul que je pleure! On t’a cruellement trompé, toi qui aimais ta Geneviève, et qui maintenant la fais périr avec ton fils. Ah! Sigefroi! mon cher Sigefroi! Tu seras un jour éclairé sur l’imposture de Golo; mais alors ne te laisse pas aller à ton désespoir! Tu m’aimas d’un amour tendre et fidèle. Oh ! non, ce n’est pas toi qui causes mon trépas; c’est la Providence qui nous envoie cette épreuve. Mon bien-aimé, ne condamne personne à l’avenir, sans avoir entendu sa défense. Efface par mille bonnes actions le crime qui me fait périr, quoique tu y aies peu de part. Consoie-toi, cherche le calme dans la prière, et tu recevras le pardon d’une faute involontaire. Tu retrouveras ta Geneviève dans une vie meilleure : là, tu reconnaîtras sa fidélité et son innocence ; là tu verras ton fils, et nous vivrons en paix, sans craindre qu’une main ennemie vienne encore nous séparer.
»Je n’ai plus que peu d’instants à passer sur la

