avec violence. Geneviève tremblait de froid; lhumi­dité et la faim arrachaient à son enfant des cris dou­loureux. Elle chercha partout un arbre creux ou une caverne pour se mettre à couvert, et quelques fruits sauvages pour se soutenir. Toutes ses perquisitions furent inutiles, elle ne put trouver aucun abri pour sy réfugier, pas même une baie de genièvre pour apai­ser la faim de son enfant. De ses doigts délicats elle se mit alors à creuser, pour déterrer quelques raci­nes. Le sol, gelé fortement, fut rougi de son sang. Enfin, elle mâcha les racines quelle avait arrachées avec tant de peines, et les donna à son pauvre Dénoni.

Faible, épuisée, son enfant sur le bras, exposée à la neige et à la pluie, linfortunée savança davantage en­core dans le désert, sans savoir la porteraient ses pas. Après avoir escaladé un rocher, elle aperçut un vallon étroit, resserré entre les montagnes; elle y des­cendit, et découvrit enfin une petite ouverture dans un rocher tout couvert de sapins. Cette ouverture conduisait dans une caverne assez spacieuse pour abriter deux ou trois personnes en cas de besoin. Non loin de, une source limpide jaillissait des flancs du rocher avec un doux murmure; tout auprès avait cru une espèce de courge; mais les feuilles en étaient desséchées, et les fruits, pourris à demi, nétaient plus bons à manger.

Geneviève se réfugia dans la caverne avec son en­fant; elle y fut à labri de la pluie et du vent, mais non pas du froid rigoureux qui faisait trembler tous ses