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CHAPITRE VIII.
Une biche nourrit Geneviève et son fils.
Geneviève resta long-temps sans connaissance, étendue sous le sapin. Quand elle rouvrit les yeux, elle se vit seule avec son enfant. Le ciel s’était couvert de nuages, et la lune avait depuis long-temps quitté l’horizon. Les ténèbres étaient profondes. Un ouragan terrible s’était élevé, et mugissait au loin dans la forêt Les cris sinistres d’une chouette, et les hurlements d’un loup qui vint à passer, glacèrent d’effroi la pauvre Geneviève; elle frissonna de tout son corps, et pressa fortement son fils contre son sein maternel.
»0 Dieu! s’écria-t-elle; mon coeur est saisi d’épouvante!.... Mais non. vous êtes auprès de moi
dans ces lieux ! Pour vous la nuit n’a point de ténèbres: vous me voyez, Seigneur; vous veillez sur moi et sur ce pauvre petit. Puisque vous nous avez dérobés l’un et l’autre à la fureur des hommes, vous ne nous livrerez point à celle des bêtes sauvages. J’espère en vous; je ne serai point trompée dans mon espérance. «
La nuit fut longue pour Geneviève, et cependant l’arrivée du jour ne fit qu’ajouter à son affliction. C’était en automne; le temps était triste et nébuleux; toute la contrée présentait un aspect âpre et sauvage qui avait quelque chose d’effrayant. Des rochers, des sapins, des buissons épineux, des genévriers: voilà tout ce qui s'offrait aux regards. L’air était d’un froid pénétrant; la pluie et la neige commencèrent bientôt à tomber

