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infinité de petites voix différentes; ô maman! viens vite, viens voir ce que ce peut être.»
Geneviève s’assit sur un quartier de rocher que le temps avait revêtu de mousse, et que deux jeunes hêtres couvraient de leur ombrage. Elle prit son fils sur ses genoux, et répandit à terre quelques graines recueillies dans la forêt. Une quantité d’oiseaux répondant à son appel, vinrent becqueter avec empressement ce qu’elle leur offrait. Parmi eux se trouvaient l’aimable rouge-gorge et le joyeux pinçon ; la linotte, dont la tête et la poitrine sont d’un rouge si éclatant, et le chardonneret, avec ses plumes nuancées de diverses couleurs. «Regarde, dit Geneviève à son fils, ce sont ces petits oiseaux dont le ramage t’a fait tant déplaisir.» L’enfant était transporté de joie. «Charmantes petites créatures, s’écria-t-il, c’est donc vous qui chantez si bien! Vous vous y prenez bien mieux que le corbeau qui, pendant l’hiver, croasse si tristement, et votre plumage est bien plus joli que le
sien. Mais, dis-moi, maman, ajouta- t-il, comment
se fait-il que tout soit maintenant si beau? Assurément ce n’est pas toi qui depuis ma maladie as paré si magnifiquement les vallées; car tu ne m’as presque pas quitté, et, d’ailleurs, tu ne serais pas si habile.»
«Cher enfant, répondit Geneviève, je t’ai déjà parlé de notre père céleste, le bon Dieu, qui a créé le soleil, la lune et les étoiles ; c’est lui qui, pour nous faire plaisir, a créé de même tout ce que tu vois ici.» — «11 faut que ce bon Dieu soit bien sage et bien habile, dit

