naïvement Bénoni.« Geneviève sourit, et, le pressant contre son coeur, elle lui donna de tendres baisers.

Le jour suivant, le petit vint léveiller de grand ma­tin, en disant: »Maman, maman, lève-toi! Allons voir ce que le bon Dieu a fait de nouveau ! « Geneviève sourit et le conduisit dans un endroit resserré entre des rochers, le soleil dardait ses rayons brûlants, et la végétation était beaucoup plus avancée quail- leursj/U y avait déjà plusieurs jours quelle avait re­marqué dans ce lieu des fraisiers en fleur. Effective­ment, il sy trouvait déjà un certain nombre de fraises mûres, et dun rouge foncé. «Voilà sans doute une autre espèce de fleurs ? dit Bénoni.» «Non, mon fils, lui répondit Geneviève, ce sont des fraises.» Sé­tant agenouillée, elle en cueillit quelques-unes des plus belles. «Ouvre un peu la bouche, dit-elle, etgoùte- les.» Lenfant, les ayant mangées, mit sa main sur son coeur, en sécriant: «Oh, comme cest bon, maman! Me permets-tu den cueillir davantage?» «Oui, mon enfant, dit Geneviève: aie soin seulement de choisir celles qui sont dun rouge éclatant.» Alors, et bien vite, il étendit sa petite main, et se mit à cueillir et à manger avec un plaisir inexprimable le fruit délicieux. «Que Dieu est bon! maman, disait-il, de nous don­ner de si excellentes choses.» «Eh bien! reprit Geneviève, il faut lui faire tes remercimenls.» Lenfant, levant alors ses yeux brillants dinnocence vers la voûte azurée, imprima sur sa main un baiser quil en­voya vers le ciel, en criant de toutes ses forces: «Bon Dieu, je vous remercie des fraises que vous mavez