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données! Maman, ajouta-t-il, crois-tu quil mait en­tendu?» «Assurément, répondit Geneviève, en souriant et en le pressant contre son coeur; quand même tu naurais fait que penser, sans dire un seul mot, Dieu naurait pas manqué de le savoir; car il voit et il entend tout.»

Dès ce moment Bénoni demandait à voir tous les jours de nouvelles créations du bon Dieu. Mais Gene­viève lui dit : «Il faut maintenant que tu y prennes garde toi-même, et que tu viennes me raconter ce que tu auras découvert. Tu vois ces épines noires, elles croissent à lombre de ce rocher qui sélève au-dessus du vallon, dans cet endroit la neige ne sest fondue que depuis quelques jours ; ces épines sont des prunelliers. Re­garde, ils sont couverts dune quantité de petites boules rondes, vertes et blanches, quon nomme des boutons. Suis-moi maintenant: voici de lautre côté du vallon dautres buissons, dont les épines sont plus petites; ce sont des églantiers: les boutons en sont de forme ovale. haut sélèvent deux grands arbres, dont lun est un poirier et lautre un pommier sauvage. Considère-les attentivement: les branches en sont toutes couvertes de boutons plus gros que ceux du prunellier et de léglantier. Observe-les chaque jour, et tu me racon­teras les changements que tu auras remarqués.»

La nuit suivante, il tomba une douce pluie de prin­temps, qui hâta les progrès de la végétation. Bénoni accourut vers sa mère, en bondissant de joie: «Ma­man! maman! cécria-t-ils, les petites boules ver­tes du prunellier sont toutes transformées en fleurs