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lut plus tenir. «Hélas! dit-elle en elle-même, en soupirant, que ne donnerais-je pas maintenant pour une aiguille et un bout de fil! Les hommes qui vivent en société, tiennent mille bienfaits de la bonté du Créateur, et ils ne songent pas même à l’en remercier.® Bénoni s’aperçut de la douleur muette de Geneviève. «Maman, lui dit-il, te rappelles-tu ce que tu me répondis un jour que je te demandais pourquoi la biche perdait ses poils ? Tu me dis: Dieu lui donne chaque été un vêtement brun, moins fourni et plus léger, afin qu’elle n’ait point à souffrir de la chaleur. L’hiver, il lui en rend un autre, de couleur grise, et qui la préserve des atteintes du froid. Ainsi, ne pleure pas, car Dieu ne manquera pas de te donner quelque vêtement chaud: assurément tu ne crois pas lui être moins chère que la biche?® Geneviève embrassa en souriant Bénoni. «Tu as raison, cher enfant, lui dit-elle; je ne veux point m’inquiéter, Dicj ne nous abandonnera point: celui qui revêt les animaux et les fleurs des champs, saura vêtir de même ta pauvre mère.® Quelques jours après, elle ordonna au petit de ne pas s’éloigner de la caverne, puis elle s’enfonça dans le désert, pour chercher quelques fruits bons à manger. Un bâton noueux soutenait ses pas; une courge creusée et pleine de lait pendait à son côté;«elle s’assit sur le penchant d’une haute montagne qu’elle se préparait à gravir, afin de reprendre des forces et de boire un peu de lait. Tout-à-coup s’élança vers le haut de la montagne un loup furieux, qui portait dans sa gueule une brebis; il s’arrêta, en fixant sur Gene-

