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nient palpiter son coeur: »Ma chère patrie ne doit pas être éloignée, se dit-elle avec transport: autre­ment cet animal ne se trouverait pas ici. Ny retourne­rai-je pas avec mon fils?» Toute son ame était en­flammée du désir de revoir ces lieux chéris, et ses larmes coulaient en abondance. Long-temps elle reste indécise. »Non, dit-elle enfin, jaime mieux encore rester dans ce désert ; jai prononcé le serment ter­rible qui my retient. Il est vrai que la crainte de la mort me la seule arraché; niais nimporte, si je le vio­lais, je nen serais pas moins condamnable ; dailleurs cette action téméraire coûterait peut- être la vie aux braves gens à qui je dois la prolongation de tnon existence. Non, non, je ne quitterai point cette soli­tude, aussi long-temps que larbitre de nos destinées le jugera convenable. Sil veut me retirer de ce dé­sert, il dirigera vers moi les pas de quelque homme compatissant. Plutôt souffrir mille maux que de bles­ser en rien ma conscience."

Geneviève se mit alors à la recherche de quelque coquillage pointu; elle en trouva le long dun ruis­seau qui serpentait au pied de la montagne; elle sen servit pour dépouiller la brebis de sa peau garnie dune riche toison. Lorsquelle leut lavée avec soin, et quelle leut fait sécher aux rayons du soleil, elle sen revint à la caverne. Bénoni courut au-devant delle, en sécriant: O maman! te voilà enfin de retour ! Je craignais pour toi quelque malheur: dis-moi dans quel lieu as-tu pu rester si long-temps ? « Mais bien­tôt il sarrêta, et demeura tout interdit; la toison dont