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sentir avec force. Les frimas suspendus à lentrée de la caverne, et ceux dont elle était revêtue intérieure­ment, se fondaient et découlaient à grosses gouttes. Mais le mal de Geneviève ne fit quempirer: la mort était devant ses yeux. Elle prit la croix dune main tremblante, et se prépara au passage de cette vie dans la vie éternelle.

»Hélas! dit-elle, je nai point la consolation de voir à mon lit de mort un prêtre, dont les pieuses ex­hortations relèveraient mon courage, et dont la main bienfaisante me présenterait le pain de vie. Mais nê- tes-vous pas auprès de moi, Seigneur, vous qui êtes le pontife éternel? Oui, cest auprès des affligés quil faut vous chercher. Vous visitez et vous consolez tout mortel qui souffre et qui languit après vous. Vous lvez dit vous-même : »Me voici, je frappe à la porte, si quelquun mentend et vient mouvrir, je ferai ma de­meure chez lui.» Ayant ainsi parlé, elle pria long­temps dans son coeur, les mains jointes avec ferveur, , et les yeux baissés vers la terre.

Bénoni ne la quittait ni jour ni nuit : il ne pouvait plus ni boire ni manger, tant il était triste; il lisait dans les yeux de sa mère ses moindres désirs et sem­pressait de les satisfaire; il la soignait avec le plus tendre amour; il remplissait de mousse ses petites mains, et essuyait, aussi loin quil pouvait atteindre, les murs humides de la caverne, afin que leau ne dégout­tât point sur sa mère malade. Il ramassa une grande quantité de mousse sèche, dont il forma un nouveau lit. Tantôt il lui apportait une courge pleine deau