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fraîche, en disant: »Chère maman, n’as-tu pas soif? tu as si chaud, et tes lèvres sont si desséchées!» Tantôt il lui apportait du lait tiède. »Bois, ma chère maman, disait-il, ce lait est délicieux, et je viens de le traire à l’instant.» Ensuite, il se jetait à son cou, et disait en sanglotant: »0 maman! ma chère maman! que ne puis-je être malade à ta place! que ne puis- je mourir pour toi! «
Un matin, elle avait goûté pendant quelques heures un sommeil doux et bienfaisant; à son réveil, elle se trouva moins faible et beaucoup plus calme. En dormant, elle avait laissé tomber la petite croix qu’elle tenait toujours à la main; elle chercha, et Bénoni la lui rendit, car il vit aussitôt ce qu’elle désirait. »Mais, chère maman, lui dit-il, que fais-tu de ce petit morceau de bois que tu tiens toujours à la main? »
»Cher enfant, lui répondit-elle, si je n’eusse cru vivre plus long-temps, je t’aurais déjà dévoilé ce mystère. Je vois qu’une bonne oeuvre ne doit jamais être ajournée. Tu sais que le père céleste possède un fils, en tout semblable à lui. Je n’aurais pu le détailler encore tout ce que ce fils a fait pour nous; il y a bien des choses que tu n’aurais pas comprises, d’après la profonde solitude où tu as vécu jusqu’ici. Tu sais maintenant que la terre est peuplée d’un grand nombre d’hommes, dont je t’ai fait connaître les moeurs et le caractère. Je t’ai appris ce que c’est que mourir, et tu le vois en partie chez ta pauvre mère: je vais tâcher de rendre intelligible pour toi ce qu’il y a de plus essentiel dans l’histoire du fils de Dieu ; tu con-

