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pleins de larmes. Étant entré dans la grande salle, le comte déposa sur la table son casque et son épée; puis il demanda à Golo toutes les clefs du château. Il chargea le fidèle Wolf de faire garder les portes, afin que personne ne s’échappât. Puis, ayant commandé qu’on prit grand soin de sa suite, il fit signe à tout le monde de se retirer.
Sigefroi porta ses premiers pas vers l’appartement de Geneviève, dont Golo avait fermé la porte à la clef. Le sentiment de son crime ne lui avait pas permis d’y rentrer depuis l’arrestation de sa malheureuse victime. Tout s’y trouvait encore dans le même état que le jour où elle l’avait abandonné: sur son métier à broder était une couronne de lauriers, destinée à son époux, et qui n’était finie qu’à demi ; plus loin était le luth de Geneviève, à côté d’un recueil de cantiques religieux, dont une partie avait été composée par elle-même. Le comte trouva plusieurs minutes de lettres qu’elle lui adressait; dans toutes respiraient les sentiments les plus nobles et pour lui le plus tendre amour. Sigefroi n’avait reçu aucune de ces lettres, dans lesquelles Geneviève lui disait comment chaque jour elle priait Dieu de lui ramener son époux, et combien elle se réjouissait d’aller au-devant de lui et de lui présenter l’enfant qu’elle espérait bientôt mettre au monde. Elle lui dépeignait les inquiétudes qu’elle éprouvait à son égard, et le chagrin que lui causait son silence. En effet, Golo ne lui avait remis aucune des lettres du comte; il avait intercepté toutes celles qu’elle-même adressait à son mari.

