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Il était minuit; Sigefroi, plongé dans une douleur muette, était encore assis immobile dans ce lieu, où il donnait un libre cours à ses larmes et à ses soupirs. Absorbé dans ses cruelles réflexions, il ne voyait pas que les bougies, à demi-consumées, étaient près de s’éteindre. Tout-à-coup entra la fidèle Bertha, qui lui apportait la lettre écrite par Geneviève dans sa prison. Elle lui montra le collier de perles, qu’il reconnut à l’instant, et lui raconta, en versant un torrent de larmes, tout ce qui s’était passé; elle lui apprit ce que Geneviève avait l'ait pour elle pendant sa maladie, et lui répéta ses dernières paroles.
C’est alors que la douleur concentrée du comte éclata dans toute sa force. Il ne lui en fallait pas tant pour être convaincu de l’entière innocence de Geneviève. Il arrosa de ses pleurs la lettre de sa bien- aimée, et dans ses transports douloureux il se fit les reproches les plus amers et les plus cuisants. Enfin, il se leva, hors de lui, comme un furieux, et demanda son épée pour tuer Golo. Mais Wolf le retint, en lui représentant qu’il ne pouvait condamner ce misérable sans l’avoir au moins entendu. Sigefroi fit saisir le traître, donna ordre qu’on le chargeât de chaînes et le fit jeter dans le même cachot où Geneviève avait gémi si long temps. Ses complices furent également arrêtés.
Le lendemain, le comte envoya chercher Golo, afin de lui faire subir un interrogatoire. En attendant son arrivée, il relut encore la lettre de Geneviève. Ces mots: «Pardonne-lui, comme je lui pardonne: je ne

