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mes chaînes, et qui me sauvâtes de la mort; cest vous qui me faites jouir du bonheur inexprimable de re­mettre mon fils dans les bras de son père; cest vous qui me réservez la félicité de revoir mes vieux pa­rents! Oh! oui, Seigneur, cest avec raison que nous vous nommons le Dieu damour! «

Geneviève conduisit son époux dans la grotte qui îavait si long-temps abritée. Pieds nus dans la neige, elle ne pouvait plus résister à la rigueur du froid. Le comte fut obligé de se baisser pour entrer dans la ca­verne. Que néprouva-t-il point en considérant ces murs humides, cette croix couverte de mousse, et cette pierre polie par le frottement assidu des genoux de Geneviève ! 11 attacha ses yeux attendris sur lhum­ble couche, sur les petites corbeilles de jonc et sur les courges qui formaient tout lameublemeut de ce triste séjour. Sétant assis près de Geneviève, il prit Bénoni sur ses genoux. Du fond de la caverne il napercevait à perte de vue que des rocs escarpés et de noirs sa­pins, dont les branches étaient encore chargées de neige.

»0 Geneviève! dit-il, par quel prodige lEternel a-t-il soutenu ton existence dans cet affreux désert? Sans doute que du haut du ciel un ange venait tap­porter des aliments? Hélas! voilà sept longues an­nées que tu vis sans avoir un morceau de pain ! pas de feu pour te réchauffer pendant les rigueurs de lhi­ver, pas de lit reposer commodément les membres fatigués! Demi-nue, tes pieds délicats errent dans la neige, dont aucune chaussure ne les garantit! Et cest