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la fille dun duc qui sest vue réduite à cet excès de mi­sères! elle qui, élevée dans la pourpre, goûtait des mets les plus exquis dans des vases dor et dargent ! Coeur tendre et fidèle, et tu peux aimer lauteur de tant de maux! «

Geneviève se hâta de linterrompre, et dit en sou­riant avec la sérénité dun ange: «Cher époux, quil ne soit plus question de cela! Jai trouvé dans ce dé­sert des jouissances bien douces pour mon coeur. Tu sais par ta propre expérience que le bonheur nha­bite pas toujours les palais. Ny pensons plus, mon bien-aimé! Regarde ton fils; vois ses joues de rose, son air de santé et de vie. Une nourriture simple, un exercice continuel, lont rendu sain et vigoureux. Dans ton château, nous laurions élevé peut-être avec trop de délicatesse, et nous naurions fait que lui pré­parer des souffrances.»

Elle se mit alors à lui raconter comment Dieu avait soutenu miraculeusement sa vie et celle de son fils, depuis la première apparition de la biche, jusquau moment, poursuivi par le comte, ce bon animal était venu se réfugier dans la caverne. Le comte était tout oreille; quand elle eut terminé son récit, il sécria: «La Providence est admirable dans ses voies; ses moyens, pour sauver les siens, sont infinis. Ne lou­blie jamais, mon cher fils; tu nétais quun faible en­fant, repoussé par ton père; tu étais au moment de mourir de faim avec ta pauvre mère, qui ne pouvait te donner aucun secours, quand Dieu se servit de cet animal pour vous conserver lun et lautre. Ta mère