110
viève, elle ne se retirait qu’après y avoir été admise quelques instants. Sa familiarité était telle, qu’elle venait manger dans leur main ce que lui offraient les curieux. Les chiens de chasse, qui la connaissaient, ne lui faisaient aucun mal. Tous les enfants prenaient grand plaisir à caresser ce bel animal, et à lui donner du pain.
«Mon Dieu! disaient les bonnes mères, sans cette biche, quel eût élé le sort de notre chère maîtresse et de son fils? Tous deux seraient morts de faim dans le désert. «
«Voilà pourquoi l’on ne. doit tourmenter aucun animal, répondait le domestique chargé de soigner la biche fidèle. Que ferions-nous, si nous n’avions ni boeufs pour traîner la charrue, ni vaches pour nous donner du lait? Sans les animaux, la terre ne serait pour nous qu’un vaste désert; on verrait peu de champs bien cultivés, et les plus beaux pâturages nous seraient inutiles. Ainsi, traitez avec humanité les animaux et regardez-les comme un bienfait de Dieu, dont il serait cruel d’abuser.
Quant à Golo, il avait été condamné à mort; mais à la prière de Geneviève sa peine fut commuée en une prison perpétuelle. Il vécut encore plusieurs années, déchiré par les remords, plongé dans le plus affreux désespoir, et torturé cruellement par le sentiment de ses crimes. On dit qu’il n’eut point de repos, jusqu’à ce qu’il eût obtenu l’exécution de sa sentence.
On ignore au juste l’âge qu’atteignit Geneviève; mais ce qui est certain, c’est que des jours de paix

