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viève, elle ne se retirait quaprès y avoir été admise quelques instants. Sa familiarité était telle, quelle ve­nait manger dans leur main ce que lui offraient les cu­rieux. Les chiens de chasse, qui la connaissaient, ne lui faisaient aucun mal. Tous les enfants prenaient grand plaisir à caresser ce bel animal, et à lui donner du pain.

«Mon Dieu! disaient les bonnes mères, sans cette biche, quel eût élé le sort de notre chère maîtresse et de son fils? Tous deux seraient morts de faim dans le désert. «

«Voilà pourquoi lon ne. doit tourmenter aucun ani­mal, répondait le domestique chargé de soigner la biche fidèle. Que ferions-nous, si nous navions ni boeufs pour traîner la charrue, ni vaches pour nous donner du lait? Sans les animaux, la terre ne serait pour nous quun vaste désert; on verrait peu de champs bien cultivés, et les plus beaux pâturages nous seraient inutiles. Ainsi, traitez avec humanité les animaux et regardez-les comme un bienfait de Dieu, dont il serait cruel dabuser.

Quant à Golo, il avait été condamné à mort; mais à la prière de Geneviève sa peine fut commuée en une prison perpétuelle. Il vécut encore plusieurs années, déchiré par les remords, plongé dans le plus affreux désespoir, et torturé cruellement par le sentiment de ses crimes. On dit quil neut point de repos, jusquà ce quil eût obtenu lexécution de sa sentence.

On ignore au juste lâge quatteignit Geneviève; mais ce qui est certain, cest que des jours de paix