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La comtesse ne put lui répondre; des larmes de joie étouffaient sa poitrine; elle ouvrit ses liras à Tentant chéri que Dieu lui donnait une seconde fois. C’était Bertrand, Tentant adoptif du vénérable abbé de Saint-Malo.
Arthur ne se possédait plus de ravissement. 11 embrassait tour à tour son épouse et son jeune fils qui était le vrai portrait de sa mère.
L’abbé de Saint-Malo se montra à son tour. Ce vénérable serviteur de Dieu se mit à raconter dans le plus grand détail par quelle miraculeuse providence le fils du comte Arthur avait été sauvé, recueilli et élevé sous ses yeux depuis près de seize années. Et, pour preuve de ce qu’il avançait, il avait amené la nourrice qui vivait encore, et qui fut reconnue d’IIirlanda.
Arthur était partagé entre le plus vif repentir des durs traitements qu’il avait fait endurer à son épouse, et la juste colère qui l’animait contre son frère; il ordonna à ses hommes d’armes d’enfermer Gérard pour le reste de ses jours dans le même cachot où Ilirlanda avait tant souffert. Puis, accompagné de l’abbé de Saint-Malo, il reprit, avec sa femme, son fils Bertrand et toute sa suite, le chemin de son château.
Lorsque les habitants du voisinage virent arriver Gérard chargé de fers et escorté par les gardes du comte Arthur, ils ne doutèrent plus que Dieu n’eût fait éclater l’innocence de la vertueuse châtelaine.

