6
APOLOGUE.
cette figure toujours si jolie qu’elle avait conservé toute la séduction de la jeunesse. A peine pouvait-on donner quarante ans à ma grand’mère, bien qu’elle en eût plus de soixante, lorsque je vins dans ce château passer quelques années qui ne m’ont laissé que des souvenirs de bonheur.
« Il me semble encore la voir, à la place où je suis, blottie dans son grand fauteuil à oreillettes. Son pâle et doux visage, sur lequel aucune ride n’osait se montrer malgré son âge avancé, était d’une beauté qui me ravissait. Sa bouche avait toujours quelque tendre sourire à m’adresser, et de ces mots affectueux qui me touchaient jusqu’aux larmes. Sa voix me remuait le cœur, et sitôt que je l’entendais prononcer mon nom, j’accourais tout joyeux me mettre
_I

