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LE ROBINSON

passais alors dans mon esprit mon naufrage, labandon je me voyais, le peu de force et de moyens dont jétais pourvu , et je me trouvai extrêmement misérable. «Sidu moins javais, disais-je en soupirant, une hache, une scie, un marteau et des clous, je pour­rais, à laide de ces outils, exécuter bien des choses que j'ai en projet, et que je ne puis entreprendre avec mes seules mains. Si un seul de mes camarades eût été sauvé ainsi que moi, quel plaisir jaurais goûté dans sa com­pagnie! Nous nous serions aidés, consolés mutuellement; nous nous serions aimés, et je nai pas ici une créature semblable à moi qui me chérisse, et à laquelle je puisse mat­tacher. » Ces pensées affligeantes men firent naître une dun genre bien différent. « Ingrat! mécriai-je, de quoi oses-tu te plaindre? Tu murmures contre Dieu parce quil ta sauvé tout seul! Nest-ce pas un bienfait de sa Pro­vidence dont tu dois lui rendre grâce? Qua- vais-lu fait pour mériter cette faveur? rien sans doute. Mais pourquoi Dieu ta-t-il con­servé la vie? Cest pour que tu te corriges ,