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VOYAGE AU PAYS DU BONHEUR.
La tournure de ce militaire n’avait, au reste, rien de bien effrayant; c’était un enfant comme eux.
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11 paraissait avoir sept ans au moins. Son habit prenait exactement sa petite taille, qu’il faisait valoir, son chapeau de papier était crânement posé sur l’oreille, ses épaulettes, attachées aux premiers boutons de son habit, battaient sur sa poitrine, un superbe sabre de bois pendait à son côté, et il caressait d’un air terrible la place de ses moustaches, qui n’étaient pas encore poussées.
Comme au plus âgé, et par galanterie pour ne pas effrayer les dames, ce fut à Georges qu’il s’adressa.
«Votre passe-port?» demanda-t-il.
Le pauvre enfant fut bien effrayé ; il avait la tète baissée, un doigt dans sa bouche et, je vous le jure, plus envie de pleurer que de rire.
Il avoua en tremblant qu’il n’avait pas de passe-port.
« Où allez-vous ? » dit le petit brigadier en faisant la ürosse voix.
Georges montra du doigt la route qu’il devait suivre, et répondit qu’il allait au pays du bonheur.

