LE
ROBINSON SUISSE.
CHAPITRE I.
Mort de T Ane et du Boa. — Entretien sur les Serpens venimeux.
Pendant trois longs jours d’angoisse, la crainte de notre redoutable voisin nous tenait comme assiégés dans notre demeure; car je fis observer sévèrement ma défense, n'y manquant moi-mème que dans les cas d’absolue nécessité, et, alors même, je ne m’éloignais que de quelques centaines de pas.
Cependant l’ennemi ne donnait pas le moindre signe de sa présence, et l’on aurait pu croire qu’il avait quitté sa retraite, si nos oies et nos canards, qui avaient établi leur demeure dans l’étang, ne nous avaient donné des annonces trop fidèles de son terrible voisinage. Tous les soirs, lorsque ces paisibles animaux regagnaient le logis, après leur excursion sur la mer ou sur les côtes voisines, nous les voyions planer long-temps au-dessus de leur ancienne demeure, témoignant, par leurs cris et le battement de leurs ailes, une agitation inaccoutumée; enfin, après avoir longtemps voltigé au-dessus de la baie du Salut. ils allaient prendre gîte dans l’ile des Poissons.
11 . 1

