et daguerriresprit de mes enfans contre un si terrible spectacle. Le moment si long-temps attendu était enfin ar­rivé, et je mécriai, avec une joyeuse émotion : « En avant, camarades ! Rendons-nous maîtres du monstre : il est main­tenant sans défense. »

A ces mots, je mélançai le premier, mon fusil à la main ; Fritz me suivait pas à pas. Jack demeura quelques pas en arrière, trahissant une appréhension bien pardonnable. Quant à Ernest, il resta prudemment dans lintérieur des retranchemens, sage précaution que je me proposai de lui reprocher plus tard.

Lorsque je me trouvai proche de lennemi, je tremblai en croyant le reconnaître pour un véritable boa. Son im­mobilité contrastait avec la manière terrible dont il roulait ses yeux élincelans.

Je lui lâchai mon coup â environ vingt pas; Fritz fit feu à mon exemple. Les deux balles avaient traversé le crâne de lanimal. Les yeux flambloyèrent, mais le corps de­meura immobile comme auparavant. Nous nous hâtâmes dachever le monstre avec nos pistolets; et bientôt il resta étendu sans mouvement.

Nos cris de triomphe attirèrent bientôt le reste de la fa­mille sur la scène du combat. Ernest fut le premier à pa­raître ; il fut bientôt suivi de Franz et de sa mère qui nous reprocha doucement notre joie féroce, comparant nos cris auxhurlemens des sauvages du Canada, au ret ur dune de leurs expéditions.

Moi. Je suis fâché, ma chère, que notre victoire vous inspire de si fâcheuses pensées. Mais la défaite de notre en-

6 LC ROBINSON